Occidere's Blog

Incubus : caractères essentiels

Parmi l’ensemble des descriptions de l’incube que j’ai pu lire dans la littérature (et il y en a), celle qui est proposée par Françoise Gury, dans son article A propos de l’image des incubes latins, me paraît la plus expressive et la plus marquante pour un profane.
Elle met en exergue les principales caractéristiques de cette créature.

Résumons :

L’incube, en fait l’incubus, puisque incube est le terme français et incubus son homologue latin, donc incubus appartient au genre des « démons écrasants » du monde indo-européen.
Par démon écrasant il faut entendre un être qui oppresse le dormeur, lui donne de mauvais rêves et s’unit à lui.

Il me paraît important de préciser que le dormeur n’est pas forcement une dormeuse, ou, si on préfère, l’incube n’est pas forcemment de sexe masculin. En effet :

  • l’incube peut se métamorphoser en femme désirable, devenant en quelque sorte le « succube » d’un homme – mais n’oublions pas que le terme succube n’existe pas en latin !
  • il peut facilement changer de forme, emprunter l’apparence extérieure, ou même la personnalité, d’autres créatures, comme par exemple des divinités, des humains (hommes ou femmes), des animaux, bien que, classiquement, il soit assimilé aux vieilles divinités champêtres des latins : Faunus, Fauni, Silvanus, Inuus, Fautuus, Fatuclus, toutes appartenant au cortège du dieu Pan, ou d’ Éphialtès (le cauchemar de la tradition Grecque). Pour cette raison, on dit qu’il est mutable, caractéristique des démons païens ou chrétiens, ce qui pose souvent un problème d’identification.

Une notion qui n’est pas souvent évoquée : l’incube pourrait être un donneur d’or, rejoignant ainsi certaines traditions indo-européennes «qui veut qu’un démon écrasant donne à sa victime un trésor, un talisman ou un secret, si elle finit par l’emporter sur lui après une longue lutte».

Ainsi, les principaux mots-clefs de l’incubus sont :

  • démon écrasant – oppression, mauvais rêves, sexualité panique –
  • mutabilité
  • donneur d’or

auxquels on peut rajouter :

  • cauchemar, éphialtès, Pan.

SOURCE : A propos de l’image des incubes latins, Mélanges de l’Ecole française de Rome. Antiquité T. 110, N°2. 1998, sur Persée.

Françoise Gury est historienne de l’art, chargée de recherche au CNRS. Bibliographie (nov.07), Word, 49.5 Ko

artSpirit

artSpirit

Publicités

14 août 2009 - Posted by | mythes | ,

Aucun commentaire pour l’instant.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :