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« Quand Je est un autre » de J.C. Kaufmann

Dans la série d’articles sur le thème «Je est un autre», celui-çi est un résumé de la 1ère partie de l’ouvrage de J.C. Kaufmann, « Quand Je est un autre . Pourquoi et comment ça change en nous » paru en 2008 chez Armand Colin.

Comme toujours, j’espère ne pas trop avoir déformée la pensée de l’auteur. D’autre part, Kaufmann cite de nombreux exemples et développe son sujet, chose que je n’ai pas fait ici, ce qui peut donner un aspect un peu austère à ce résumé.

La question de l’identité est le sujet de l’ouvrage de J.C. Kaufmann « Quand Je est un autre ». Il montre que la notion d’identité, du Je stable et unifié, est une illusion, et qu’il faut définitivement abandonner l’idée qu’un individu possèderait au fond de lui-même un être authentique et sa vérité. L’individu est plutôt en mouvement continuel, loin de la stabilité et de l’homogénéité.

L’illusion d’un Je rationnel, autonome et unifié n’est vrai qu’en surface. En fait il existe un incessant processus d’identifications successives dont les gardes-fous sont le patrimoine des habitudes incorporées et les cadres de socialisation. Ceci génère un pluralisme identitaire qui va à l’encontre d’une unité, et qui affiche une structure hétérogène, des facettes changeantes et souvent contradictoires, source de conflits intérieurs, que l’individu va s’efforcer à gérer toute sa vie.

Cette illusion de l’identité est alimentée par :

  • l’identification administrative (sexe, taille, date de naissance, apparence extérieure …
  • la croyance en un moi constant
  • le travail incessant pour s’unifier, construire son unité, preuve de la diversité intérieure et de la pluralité de l ‘être. Le dialogue intérieur permet un travail abstrait d’identifications imaginaires, et s’effectue dans les situations les plus anodines soit-elles, souvent à l’insu de la personne.

Le travail d’unification s’effectue selon deux modes :

– celui de l’identité narrative qui cherche à donner un sens en inscrivant le particulier dans le général, qui est davantage un horizon à atteindre que la réalité concrète du moment

– et celui du basculement identitaire qui est une sorte d’engagement dans un soi tout neuf, qui balaie l’ancien, pas forcement perçu par l’individu. A la différence des mutations biographiques, qui s’effectuent suivant des ajustements et configurations plus complexes, les basculements identitaires ne constituent pas une exception dans le vécu, mais la règle.
Les identités en concurrence s’imposent d’une manière très répétitive. Le nombre des basculements est cependant limité. Leurs fréquences et leurs intensités sont variables. De même que leurs contenus, natures et modalités.
Ces basculements sont générateurs de sens, mais souvent éphémères, bricolés, sans argumentations sérieuses.
L’oubli est une caractéristique fondamentale des basculements, sous peine de ruiner la croyance au Soi, et de fait la confiance en soi. Je ne se souviens plus parce qu’il est devenu un autre.
L’agacement résulte de la confrontation entre deux références identitaires divergentes : soit par décalage entre réalité concrète et modèle de référence, soit par confrontation entre références identitaires divergentes.

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29 novembre 2009 - Posted by | lecture |

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