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Du Culte du Phallus – Ch.7

Chapitre 7 du livre de Jacques-Antoine Dulaure, «Des Divinités génératrices ou du culte du Phallus Chez les Anciens et les Modernes», 1885, réimprimé, revue et augmentée par l’auteur, sur l’édition de 1825.

Je propose aussi une version PDF à télécharger (consulter la table des matières).

Chapitre 7 : Du culte du Phallus en Amérique

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Il a fallu qu’en Amérique il se soit trouvé des circonstances qui existaient en Asie, pour qu’elles aient fait, dans ces deux parties du monde, naître le même culte ; ou bien il a fallu que des Asiatiques, sans doute les Phéniciens navigateurs, jetés par la tempête sur les côtes du nouveau-Monde, y aient fixé leur demeure et transporté leurs arts, leurs mœurs et leur religion. Cette dernière opinion, très vraisemblable, est adoptée par plusieurs savants.

Que le culte du Phallus ait passé de l’Inde ou de l’Éthiopie en Égypte, de l’Égypte dans l’Asie Mineure et en Grèce, etc. ; rien n’étonne ; ces peuples communiquaient les uns avec les autres ; mais que ce culte ait existé dans des contrées longtemps inconnues au reste de la terre, dans plusieurs parties de l’Amérique où les peuples de l’ancien monde ne communiquaient pas autrefois : le fait est étonnant, mais n’en est pas moins vrai ; en voici les preuves :

Lorsqu’on fit la découverte du Mexique, on trouva dans la ville de Panuco le culte particulier du Phallus bien établi. Sa figure était adorée dans les temples. On voyait dans les places publiques des bas-reliefs qui, comme ceux de l’Inde, représentaient de différentes manières l’union des deux sexes.

À Tlascala, autre ville du Mexique, on révérait l’acte de la génération sous les symboles réunis des parties caractéristiques des deux sexes1.

Garcilaso de la Vegua dit, d’après Blas Valera, que, chez les Mexicains, le dieu de la luxure était nommé Tiazolteuti2.

Je ne dois pas négliger d’observer que le soleil était la divinité principale du Mexique, et que là, comme en Asie, le culte du Phallus se trouvait associé à celui de cet astre.

Les naturels de l’île de Taïti, depuis nommée Saint-Domingue, rendaient aussi un culte au Phallus. On ne peut pas en douter d’après plusieurs de ces objets sacrés découverts, en 1790, dans ce pays, comme l’atteste la dissertation faite à ce sujet, par M. Arthault, ci-devant médecin du roi. Ces Phallus, dit-il, trouvés dans des fouilles et dans différents quartiers, sont incontestablement l’ouvrage des naturels du pays. «Ils en avaient de plusieurs espèces. Un d’eux a été trouvé dans la grande caverne du Borgne. Il est représenté dans une grandeur naturelle ; la forme en est régulière ; le gland est perforé ; il est aplati à sa base pour recevoir une forme de charnière. » Cette charnière était percée : on y adaptait sans doute un cordon qui servait à l’attacher ou à la pendre en quelque lieu saint. La matière de ce phallus dont j’ai vu le dessin, dit M. Arthault, est d’une espèce de marbre.

Un second est d’une pierre plus dure, moins gros que le premier, d’un beau poli, et également bien conformé. Le scrotum y est exprimé d’une manière assez naturelle, et fait partie de la même pièce.

Un troisième, plus petit, conformé comme le précédent, est percé à sa base : il paraît destiné à être porté suspendu par un cordon.

M.Arthault possédait sept de ces Phallus3.

Ces Phallus isolés doivent être rangés dans la classe de ceux que les Africains et les Asiatiques portaient en cérémonie lors des pompes religieuses, ou bien dans celle des ex-voto qu’on appendait dans les lieux destinés au culte, pour obtenir la guérison de la partie malade dont le Phallus est l’image.

Qui qu’il en soit, ils appartiennent certainement aux premières époques de ce culte : leur isolement en est la preuve.

Leur découverte jette une lumière nouvelle sur l’antiquité et la généralité de son institution, agrandit le champ des conjectures sur l’origine des habitants de cette partie de la terre que nous appelons Nouveau-Monde.

Passons en Europe, et examinons quel fut le sort du culte du Phallus dans cette partie du monde.

1 Histoire des Incas, par Garcilaso de la Végua, liv.II, chap. VI.

2 Histoire de la Floride, par le même.

3 Cette dissertation manuscrite m’a été communiquée par M. Moreau de Saint-Méri, conseiller d’État.

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22 octobre 2011 - Posted by | lecture, mythes | ,

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