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Germains et Slaves – les origines des germains

Chapitre 1er du livre Germains et Slaves, origines et croyances, de André Lefèvre, 1903.  Lien vers la table des matières.

Chapitre premier

LES ORIGINES

Vagues notions d’Homère, d’Hésiode et d’Hérodote sur le nord et l’occident de l’Europe. — Le Chaudron sacré des Scythes. — L’or tombé du ciel et gardé chez les Scythes royaux. — Les Budins roux de la Caspienne. — Les Bastarnes. — Les Germains du Nord contenus par les Celtes blonds, leurs congénères. — Les Cimbres et les Teutons. — Les Suèves.— Les Germains d’après César et Strabon. — État demi-nomade.— Répartition annuelle du sol. — La forêt Hercynienne, l’unicorne, l’urus. — Varus. — Germanicus.

Le nom de Germains, d’origine incertaine, apparaît bien tard dans l’histoire, cent ans à peine avant notre ère.

L’invasion des Rastarnes sur le Bas-Danube, entre 200 et 180, celles des Cimbres et des Teutons en Gaule, en Espagne, en Italie (113-101), des Suèves en Alsace et en Franche-Comté (60-58), ont été les premières manifestations des races, ou plutôt des tribus germaniques.

Mais, d’une part, l’identité de leur type fondamental avec celui des Celtes, Gaulois, Galates, — identité qui avait frappé les Romains eux-mêmes, si médiocres observateurs des variétés humaines ; d’autre part, leurs langues, directement issues de la souche indo-européenne, nous révèlent une antiquité qui ne peut le céder à celle des Hindous et des Perses, des Thraces et des Hellènes, des Latins et des Celtes, puisque tous ces peuples parlent, sans se les être empruntés, des idiomes pourvus d’un même organisme et formés des mêmes éléments, variantes altérées d’une langue antérieure et nécessairement commune aux ancêtres de toutes les nations qui en ont gardé les empreintes.

Ainsi donc, la linguistique et l’anthropologie, sciences nées d’hier, mais fondées l’une et l’autre sur des faits, sur des documents certains — quoique

diversement interprétés — remontant dans le passé bien au delà des traditions et de l’écriture, éclairent, précisent et contrôlent les informations vagues recueillies par les plus anciens poètes ou historiens de la Grèce ou de Rome.

Le nord et l’occident de l’Europe ont été longtemps ignorés des nations précoces — ou favorisées — qui ont créé la civilisation méditerranéenne. Ni les aventureuses explorations des Phéniciens sur les côtes atlantiques, baltiques peut-être, ni les échanges qui, de proche en proche, pouvaient amener l’ambre par terre du Niémen au Dniéper, de la Vistule au Danube, finalement à la Grèce et à l’Italie, n’avaient répandu ou fixé dans les régions méridionales une seule notion de quelque valeur sur la configuration, l’étendue ou les limites des pays situés au nord du fleuve que l’on appelait Istros, Ister. Les poèmes homériques mentionnent une fois dans l’Iliade (XIII), comme voisins des Thraces et des Mysiens, certains Hippomolgues (trayeurs de cavales), Galaktophages, Abies, « les plus sages et les plus justes des hommes ». L’Odyssée (XI) parle des Kimmériens, « peuples toujours enveloppés de brumes », dont la ville touche au pays des morts, sur les rives extrêmes de l’Océan ; mais il est visible que le poète ignore s’il faut les chercher au nord ou au couchant ; il n’a pas entendu parler d’une grande invasion cimmérienne en Asie Mineure, ni de la destruction de Sardes par une tribu cimmérienne, les Trères, — événements de date évidemment postérieure (mais de bien peu) au passage que nous venons d’indiquer.

A ces noms de Galaktophages, de Kimmériens, s’ajoute et se substitue, vers le VIIIè siècle, le nom de Skuthes, Scythes, qu’on a relevé dans un fragment attribué à Hésiode, et qui ne pouvait être ignoré des colonies grecques établies sur le pourtour du Pont-Euxin. Bientôt, derrière les Cimmériens, des tribus scythiques envahissaient la Médie qu’elles saccagèrent pendant vingt-huit ans ; d’autres, poussant vers l’occident, refoulaient les Gètes et les Thraces et occupaient la rive gauche du bas Ister. Tout au début du VIè siècle, un voyageur scythe, Anacharsis, se faisait compter parmi les Sages de la Grèce. Et, vers 500, l’échec de la grande expédition risquée par Darius au delà de l’Istros répandait au loin la renommée des Scythes. Mais cet éclat momentané n’avait guère dissipé les brumes du nord ; l’imagination continuait d’avoir beaucoup plus de part que l’observation directe aux esquisses incertaines de la géographie.

Hérodote, qui, en dehors de rares fragments à peine antérieurs) recueillis par les grammairiens et les polygraphes, demeure l’autorité, le témoin même, pour les choses des VIè et Vè siècles, venues à la connaissance des Hellènes, Hérodote ne voit sur la rive gauche de l’Istros, au nord des Gètes, que des Scythes, entre le Purétos (Pruth) et le Tanaïs (Don). Ses informations d’ailleurs n’atteignent ni le Volga ni la Baltique ; il imagine seulement que la mer, l’Océan, longe les rivages d’Europe et rejoint la Caspienne. Il croit qu’à une certaine distance de l’Istros et du Pont, derrière certains monts qu’il devine, les Riphées (les Karpathes), et vers le cours moyen du Tyras (Dniester), de l’Hypanis (Bug) et du Borysthène (Dniéper), l’air est plein de plumes blanches, c’est-à-dire de flocons de neige. Derrière ce voile de neige, il existe sans doute des Hyperboréens(Hérodote y croit à peine) qui s’étendent jusqu’à l’autre mer ; on parle aussi de Griffons gardiens de l’or, d’Arimaspes qui n’ont qu’un œil, d’Androphages, d’Argippéens chauves de naissance et dont chaque famille vit sous un arbre, de Juiks et de Tyssagètes chasseurs, de Chèvre-pieds, et d’hommes qui dorment pendant six mois. Les Issédons, un peu moins imaginaires, scalpent et écorchent les vaincus, boivent dans les crânes et accommodent leurs parents morts en ragoût de mouton, gardant seulement les têtes, qu’ils épilent, nettoyent, dorent et adorent. A peine moins étranges sont les Mélanchloines (vêtus de noir), les Agathyrses (Akatzires ?), les Neures, qui deviennent loups une fois par an. L’historien ne sépare pas bien nettement ces peuplades sauvages des Scythes, soit nomades, hamaxoïques y établis, avec leurs femmes et leur butin, en de lourds chariots, et qui suivent à cheval leurs troupeaux au hasard des pâturages, soit des Scythes cultivateurs, fixés autour du Borysthène, soit même des Scythes royaux du Palus Méotide, qui envoyaient leurs blés à Athènes. Mais dans son tableau confus, on entrevoit une sorte de fond primitif de tribus chasseresses, clairsemées : Tchoudes, Tchérémisses, Ougro-Fînnois, que traversent avec plus ou moins de lenteur des barbares déjà moins infimes, Thraces et Gètes, poussés par les Kimmériens, Trères, Taures, Scythes et Sauromates (ceux-ci entre le Tanaïs et la Caspienne), chassés de la Haute-Asie — ils s’en souvenaient encore, et se disaient la plus jeune des nations européennes — chassés, dis-je, vers l’occident, par les Massagètes (Mas-Djagataï ?) et les Issédons.

On ne peut guère douter que ces Scythes, fort mêlés, fort hybrides, n’aient appartenu en majorité au vaste groupe indo-européen, qu’ils n’aient été apparentés, du moins frottés de près aux Iranien, aux Thraces, aux Celtes, aux Germains et aux Slaves. Sept dialectes étaient parlés entre la Caspienne et l’Istros, et les chefs des principales tribus se faisaient assister par sept interprètes. N’est-on pas tenté de voir en eux l’arrière-garde, les traînards de cette odyssée aryenne dont la Grammaire comparée atteste la réalité, et dont certains anthropologistes rejettent, on ne sait pourquoi, l’évidence ? C’est parmi ces peuples de race croisée, de nationalité indécise encore, très barbares, mais très intelligents, qui déjouèrent si bien en 502 la fastueuse invasion de Darius ; c’est parmi ces adorateurs de Papaios et Apia (Zeus et la Terre), de Tubiti et Artimpasa (Hestia et Aphroditè ou plutôt Artémis), de Thamimasade et Oïresure (Poséidôn et Apollon, Aoura Surya ? ou bien la grande déesse iranienne Ardviçura ?), d’Héraklès et d’Arès, que l’on est conduit à chercher les Germains, encore sans nom, sans but et sans histoire.

On relève d’ailleurs dans Hérodote nombre de traits qui conviennent, non pas seulement à la famille indo-européenne, — tels ces noms de rois Scythes : Arias, Ariapeithès, Parisadès, — mais plus particulièrement au groupe teutonique.

Voici une coutume que nous retrouverons chez les Cimbres : « Lorsque les Scythes font des prisonniers de guerre, ils en immolent un sur cent ; ils répandent sur leur tête des libations de vin, et ils les égorgent au-dessus d’un vase ; ensuite, ils portent le vase sur la plate- forme du temple et trempent dans le sang le glaive sacré… En un lieu qu’on nomme Exampée, entre l’Hypanis et le Borysthène, il existe une chaudière d’airain qui a six doigts d’épaisseur et contient facilement six cents amphores»… « Il y a beaucoup de devins parmi les Scythes ; ils prédisent à l’aide de plusieurs baguettes de saule : après avoir apporté de grands fagots de ces baguettes, ils les dénouent, puis ils rangent ces baguettes une à une et prophétisent… D’autres se servent d’écorce de tilleul. Lorsque le devin a fendu en trois un tilleul, il enroule l’écorce autour de ses doigts, puis il la déroule et rend l’oracle… ».

Plusieurs allusions, assez vagues sans doute, semblent se rapporter à un culte de l’or et annoncer ces légendes si fameuses de l’or du Rhin, du trésor gardé par des génies : « Au delà des Arimaspes, sont les Griffons, gardiens de l’or… Des objets d’or, envoyés par le ciel, tombèrent en Scythie : une charrue, un joug, une hache, une coupe… Ces objets lançaient des flammes… L’or brûlant s’éteignit cependant, lorsque arriva le plus jeune des trois frères, qui l’emporta en sa demeure, et qui devint la tige des Scythes royaux. Ceux-ci habitent le pays où l’on conserve l’or. Chaque année, ils lui adressent leurs prières et cherchent à se le rendre propice par des sacrifices solennels. »

Au nord des Sauromates, dans le voisinage des Issédons et des Griffons qui gardent l’or, l’historien signale la présence d’une nation grande et nombreuse, qu’il dépeint tantôt comme nomade, tantôt comme fixée dans d’épaisses forêts autour d’un vaste lac ou dans une grande ville de bois ; cette nation « a, tout entière et d’une manière marquée, des yeux bleus et des cheveux rouges ». Ce sont les Budins, mangeurs de poux, qui se trouvent mêlés à une race différente, les Gelons, laboureurs, moissonneurs et quelque peu frottés d’hellénisme. Assurément, Hérodote raconte naïvement et sans ordre ce que les marchands grecs ont appris des Scythes, et les Scythes des Sauromates, des Androphages ou des Issédons. Mais il est difficile de ne pas reconnaître dans ces Budins aux cheveux rutilants quelqu’une de ces tribus blondes, arrêtées pour un temps dans une contrée favorable, mais que le premier hasard, caprice ou choc extérieur, va détacher de leur demeure temporaire, et qui, traînant dans leur sillage des bandes de races et d’origines diverses, se déplacent ou se précipitent, selon les circonstances, avec leurs coutumes et leurs traditions antiques, leurs dieux, leurs devins, leurs rêves d’or et leur chaudron sacré. (Au Ier siècle de notre ère, des Butons obéissaient à Marbod.)

Tels furent, à n’en pas douter, ces Teutons et ces Guthins (ou Gots), déjà entrevus par le Marseillais Pythéas au IVè siècle, et qui faisaient le commerce de l’ambre ; tels ces Peucins, encore ignorés d’Hérodote, établis vers le IIIè siècle dans une île marécageuse aux bouches du Danube, ces Bastarnes, qu’au siècle suivant Persée, roi de Macédoine, prit à sa solde contre les Romains, et qui firent irruption chez les Scordisques, nation celte de l’Illyrie, pendant qu’un grand flot central, Suèves, Marcomans, Quades, filait le long du grand fleuve, dans les régions laissées vides par le départ de Galates, des Boïes et des Sénons.

Avant que toute la profondeur de la future Germanie se remplît ainsi de nations nouvelles, des contingents teutoniques, nous l’avons fait pressentir, se formaient déjà au nord de la Bohême et vers les bouches de l’Oder, de l’Elbe et du Wéser, mais contenus au midi par les Boïes et les Helvètes, habitants du Boïohaemum, par les Bolgs et Volks massés sur le Rhin, entre le Mein et la Roër. Les aïeux des Germains ont longtemps vécu à côté des Celtes, dont ils ne différaient guère que par la langue, ou plutôt par l’altération peu à peu divergente d’un même vocabulaire. Les uns s’appelaient Teutons, les autres nommaient leur dieu Teutati (Tota, Teuta : la nation) ; ceux-ci prononçaient briga là ou leurs voisins entendaient berg, burg ; Keltos était chez les Germains, held (le héros), au féminin Hildr (déesse scandinave), Chidis, et fournissait le suffixe, si connu, des Bathild, Clothild, Brunhild, etc. ; Volk devenait pour eux Welsch et Walh ; ségo (la victoire), sieg; cathu (la bataille), hathu ; corio (armée), heer ; ambact (serviteur), amht ; rik, reich ; maros, mer et mir : Sigismer, Ricimer, Clodomir, etc., etc. Nous verrons bientôt que ni leur aspect, ni leurs mœurs, ni leurs croyances premières ne les distinguaient sensiblement de Gaulois tels que les Sénons, les Insubres ou les Galates.

Mais nous touchons à l’heure où les Germains vont faire dans l’histoire une entrée subite et retentissante. Rome, désormais sans rivale dans le bassin de la Méditerranée, achevait, non sans échecs partiels, mais en toute assurance, la conquête de l’Afrique, de l’Espagne et de la Gaule méridionale, lorsqu’elle fut surprise et ébranlée par une sorte de cataclysme. Une trombe humaine, cinq à six cent mille individus, se précipitait du nord, heureusement sans but et sans volonté, courant deçà delà jusqu’en Espagne et jusqu’en Illyrie, et ravageant tout sur son passage. C’était la première invasion germanique.

Fuyant, a-t-on dit, et c’est possible, un débordement de la Baltique, mais plus probablement gênés par les progrès des Chérusques et des Suèves, deux fortes tribus, les Teutons et les Cimbres s’étaient mis en marche vers le midi, allant au hasard avec femmes, enfants, chariots, bagages de toute sorte. Cette cohue descendit d’abord vers l’orient, passa le Danube, ravagea l’Illyrie, battit un général romain qui essayait de l’arrêter dans le Norique, puis, au lieu d’entrer en Italie, reflua sur le contour extérieur des Alpes, entraînant quelques débris des Scordisques et Taurisques, nations celtes, remonta vers le Rhin, essaya vainement d’entamer les Belges, finalement se rabattit sur la Suisse et, grossie d’un fort contingent helvète, Ambrons, Tigurins, Tugènes, se jeta sur la Gaule centrale. Les populations des campagnes se réfugièrent dans les enceintes murées pour laisser passer le torrent et furent réduites à une telle disette qu’on essaya de se nourrir de chair humaine.

Les barbares, dit Michelet, parvenus au bord du Rhône, apprirent que de l’autre côté du fleuve c’était encore l’empire romain, dont ils avaient déjà rencontré les frontières en Illyrie, en Thrace, en Macédoine. Étonnés peut-être par l’immensité du grand empire, eux qui n’avaient aucune idée de cohésion gouvernementale, ils firent savoir au magistrat de la province, Silanus, que « si Rome leur donnait des terres, ils se battraient volontiers pour elle ». Silanus répondit que Rome n’avait que faire de leurs services, passa le Rhône et se fit battre. Un autre général, le consul Cassius, fut tué ; son lieutenant, Scaurus, pris et tué ; et les légions passèrent sous le joug des Helvètes. L’Italie, cependant, se vit préservée encore. Appelés par les Tectosages de Tolosa, qui se réclamaient d’une ancienne et véritable parenté, les Cimbres se laissèrent détourner vers la Garonne, rencontrèrent en chemin l’armée victorieuse de Cépion, quatre-vingt mille soldats, quarante mille esclaves ou valets d’armée, et l’écrasèrent de fond en comble. Ils avaient solennellement voué à leurs dieux tout ce qui tomberait entre leurs mains, et ils tinrent religieusement parole. Dans le camp romain, pas un être vivant ne fut épargné. Or, argent, armes, chevaux même, tout fut jeté dans le Rhône. Les barbares, véritablement affolés de leur triomphe, perdirent quatre ans, soit à ravager encore la Gaule, soit à guerroyer au delà des Pyrénées contre les Celtibères.

Quand ils se résolurent enfin à quelque chose de sensé, la chance avait tourné. Leur fougue était amortie, et Marins avait rétabli la discipline romaine, aguerri les légions par de rudes travaux. Les vivres manquaient dans cette Gaule qu’ils avaient épuisée. Forcés de se séparer pour vivre, ils conçurent du moins un plan qui aurait pu leur livrer l’Italie. Les Teutons et les Ambrons, demeurés intacts, devaient passer sur le ventre aux légions de Marius et pénétrer en Italie par les Alpes maritimes. Les Cimbres, très diminués sans doute par leur aventure espagnole, tourneraient les Alpes et, recrutant des alliés le long du Danube, entreraient en Vénétie par la vallée de l’Adige et rejoindraient les Teutons sur les rives du Pô ; mais lorsque, refoulant le consul Catulus et son lieutenant Sylla, les Cimbres arrivèrent au rendez-vous, à Verceil, en 101, les Teutons avaient vécu. En deux jours, Marius les avait exterminés à Aix, dans les champs de Pourrières, campi putridi. Ces Teutons étaient des géants ; leur roi, Teutobochus, quand il fut conduit en triomphe à Rome, dépassait les trophées de la tète. Les femmes, du haut de leurs chariots, frappaient vainqueurs et vaincus avec de sauvages hurlements. Cent mille guerriers furent tués ou pris.

Cependant les Cimbres, inactifs, énervés par le doux climat italien, attendaient ceux qu’ils ne devaient plus revoir. « Donnez-nous, faisaient-ils dire à Marius, des terres pour nous et pour nos frères les Teutons. — Laissez là vos frères, répondit Marius, ils ont des terres ; nous leur en avons donné qu’ils garderont à jamais. » La bataille fut acharnée.

L’infanterie des Cimbres formait un immense carré dont les premiers rangs étaient liés ensemble par des chaînes de fer. Leur cavalerie, forte de quinze mille hommes, était effrayante à voir, avec ses casques chargés de mufles d’animaux sauvages et surmontés d’ailes d’oiseaux. Leur camp et leur armée occupaient une lieue de longueur. Mais Marius avait su tourner contre eux le vent, la poussière et les rayons d’un ardent soleil de juillet. Ils furent vaincus. Leurs femmes demandèrent en vain qu’on les respectât, qu’on les donnât du moins pour esclaves aux prêtresses romaines du feu. La plupart, pourvoyant à leur liberté, s’étranglèrent au timon de leurs chariots, aux cornes de leurs bœufs. Les chiens défendirent leurs cadavres. On dut les exterminer à coups de flèches. Les prisonniers cimbres furent distribués aux villes comme esclaves publics ou jetés aux cirques.

Ainsi s’évanouit cette terrible apparition du Nord qui, pendant treize ans, avait épouvanté L’Italie. Le monde romain ne soupçonna pas qu’elle inaugurait une lutte où il devait périr ; il n’y vit qu’une dernière invasion de Celtes attardés. Tout en retenant le nom de Germains, nom dont L’origine est obscure et que les Germains eux-mêmes n’ont jamais porté, Rome se replongea dans ses discordes civiles ; elle accorda même le nom d’ami au roi suève Arioviste, qui, quarante ans plus tard, se préparait à renouveler l’aventure des Cimbres.

Déjà quelques centaines de mille hommes campaient dans la Franche-Comté et le Beaujolais, réclamant (ou mieux saisissant) des otages et les deux tiers des terres. Déjà, quarante ou cinquante tribus suéviques pressaient le long du Rhin inférieur les Tenctères, les Usipètes, les Ubiens, tout prêts à rejoindre en Belgique les Eburons et les Nerviens, ces anciens alliés ou parents des Cimbres. César refoula au delà du fleuve, ou à peu près, ces avant-gardes de la barbarie ; il les étonna — pour une cinquantaine d’années — en jetant deux fois un pont sur le Rhin, en lançant ses éclaireurs jusqu’à la lisière de la Forêt Noire, au pied du Taunus. Il se contenta de faire poursuivre vers leurs marécages les tribus du nord, plus faibles alors et moins hardies, les Bataves, Caninéfates, Bructères, Sicambres, Chauques, qu’il faut regarder soit comme des détachements successifs des Cimbres et des Teutons, soit comme des transfuges du Jutland et de la Scandinavie, mélanges d’Angles, de Frisons, de Saxons avec la grande nation des Chérusques. Ces Chérusques, bientôt célèbres, s’allongeaient au nord des Suèves et parallèlement, serrant contre la Baltique d’autres immigrants, anciens ou nouveaux, pressés à l’est contre les tribus amoindries des Teutons.

« Les Suèves, rapporte César, sont la nation la plus puissante et la plus guerrière de la Germanie, Ils passent pour avoir cent districts ou clans fournissant chaque année mille guerriers qui vont en expédition. Le reste cultive les terres. L’année suivante, ceux-ci partent, les autres labourent. Les terres, d’ailleurs, sont en commun, et l’on séjourne rarement plus d’une année dans le même lieu. Tous les ans, le magistrat assigne où il lui plaît un champ à chaque famille, à proportion du nombre des membres qui la composent. C’est pour qu’on ne s’accoutume pas dans un endroit au point de négliger les armes ; on veut aussi éviter qu’il ne prenne envie à chacun de s’étendre ; et que personne ne songe à bâtir des maisons commodes contre le froid et le chaud, ni à s’enrichir, ce qui ne manque guère de faire naître la division et la mésintelligence. Aussi ne s’attache-t-on pas à l’agriculture ; ils ne vivent presque que de lait, de fromage et de chair. Toute leur vie se passe à la chasse et à la guerre. Ils s’endurcissent à la fatigue et au travail dès l’enfance. Ils estiment fort ceux qui sont longtemps sans barbe, prétendant qu’ils en deviennent plus forts et plus robustes. C’est une honte parmi eux d’avoir commerce avec une femme avant l’âge de vingt ans : ce qui ne peut demeurer caché, parce qu’ils se baignent pêle-mêle dans les rivières, et qu’ils ne sont couverts que d’une simple peau ou de vêtements fort courts qui laissent à nu la plus grande partie de leur corps.

« Ils n’ont ni druides pour le culte, ni sacrifices. Ils ne mettent au nombre des dieux que ceux qu’ils voient et dont ils éprouvent visiblement le secours. Tels sont le Soleil, Vulcain et la Lune ; ils n’ont pas la moindre notion des autres.

« Le droit d’hospitalité est sacré chez eux : quiconque a recours à eux, pour quelque raison que ce soit, est sûr de leur protection et d’y trouver un asile inviolable.

« En temps de paix, ils n’ont point de magistrats attitrés ; les principaux de chaque région rendent la justice aux gens de leur tribu et concilient les différends. En temps de guerre, la nation élit des chefs et leur donne pouvoir de vie et de mort. Souvent, dans l’assemblée, un noble se lève et se déclare chef de quelque entreprise ; ceux qui approuvent son dessein applaudissent et promettent de le suivre. Quiconque manque à cet engagement est déserteur et traître.

« Les brigandages hors des confins de la tribu n’entraînent chez eux aucun déshonneur ; ce ne sont que remèdes contre l’oisiveté et exercices bons à la jeunesse.

« C’est un honneur pour ces peuples de voir leur district protégé par de vastes déserts ; l’absence de voisins témoigne de la valeur et de la renommée de la nation.

« La forêt Hercynie, qu’ils parcourent, a neuf journées en largeur : on ne peut en déterminer autrement l’étendue, car ils ne connaissent point les mesures itinéraires. Des frontières des Helvétiens, Nemètes et Rauraques (Bâle), elle s’étend le long du Danube jusqu’aux Daces et aux Anartes. De là, elle s’écarte à gauche en des contrées éloignées du fleuve et touche aux pays de divers peuples. Il n’y a point d’homme qui dise en avoir trouvé le bout, quoiqu’il ait marché soixante jours, ni découvert où elle commence. Elle renferme plusieurs bêtes sauvages qu’on ne voit pas ailleurs : une espèce de bœuf à figure de cerf, qui a, au milieu du front, entre les oreilles, une seule corne droite et grande, dont le haut se partage en plusieurs branches comme des palmes ; d’autres, qu’on appelle alcés, ont une figure de bouc et la peau mouchetée ; ils n’ont que des cornes rudimentaires ; n’ayant pas de jointures aux jambes, ils ne peuvent ni se coucher ni se relever quand ils sont tombés. Ils s’appuient aux arbres pour dormir. Le chasseur scie d’avance la base des arbres, l’animal tombe, et c’est ainsi qu’on le prend.

« Une troisième espèce sont les urus, qui le cèdent à peine en grandeur aux éléphants. Ces bœufs, extrêmement forts et rapides, n’épargnent ni homme ni bête ; on les assomme dans des trappes. La chasse de l’urus est la grande école de la jeunesse. Les cornes de ces bœufs sont très recherchées ; garnies d’argent sur le bord, elles servent de vases à boire dans les festins. »

Ne semble-t-il pas qu’on voie ces troupes de robustes et insoucieux sauvages, campant, chassant, semant çà et là, repartant au hasard, perdus dans la forêt profonde, guerroyant contre ceux qui les gênent sur les. flancs ou qui les arrêtent, tassés enfin et agglomérés en multitudes redoutables ? Ce qu’étaient les Sabins au temps de Mars Quirinus, les Hellènes au temps de Deucalion, les Celtes sous les Ambigat et les Bellovése, les Germains le sont désormais. Ils vont, seulement, se heurter à une force organisée, qui les contiendra quatre cents ans.

La défaite d’Arioviste et la retraite momentanée du front suévique laissèrent pour quelque cinquante ans l’initiative, l’honneur de la lutte, et parfois de la victoire, aux tribus sicambres de l’Yssel (Salas), de l’Ems (Amasias) et du Rhin. C’est ce que nous apprend Strabon, contemporain d’Auguste et de Tibère. « Le signal de la guerre était parti de chez les Sugambres ; l’agitation se propageant, on vit chaque peuple de la Germanie à son tour menacer et pousser les Romains, puis se soumettre et s’insurger encore, sans souci des otages livrés, sans respect de la foi promise. » De nombreuses bandes, Vangions, Ubiens, Usipes en Gueldre, Triboques en Alsace, s’établirent sur la rive gauche du Rhin; il est vrai qu’en les fixant, en leur distribuant les terres abandonnées, on en fit des alliés de l’empire ; mais il fallut toute l’énergie, tout le talent de Drusus pour contenir les perpétuelles incursions des Chamaves, Caninefates, Tenctères, Bructères, Angrivares, Chauques qui pullulaient autour des Sicambres entre le Zuyderzée, la Basse-Meuse et le Wéser. Drusus traqua les Bructères jusqu’à la mer du Nord ; et les Cimbres, ou ce qu’il en restait sur les côtes de la Frise et à l’embouchure de l’Elbe, crurent devoir envoyer à Auguste, en signe de soumission, leur trésor national, ce chaudron sacré jadis apporté du fond de la Scythie, où les prêtresses à cheveux blancs faisaient couler le sang des captifs égorgés.

Il ne semblait pas impossible d’apprivoiser à la longue ces sauvages, si semblables aux Gaulois, dit Strabon, par les traits et les caractères. Quelques-uns de leurs chefs, élevés à Rome, gardaient bon souvenir de l’empereur et de la vie civilisée ; plusieurs, Marbod le Marcoman, Ségeste le Chérusque et son gendre Arminius, acceptaient une sorte de protectorat. Mais « avec ces peuples, il y a tout intérêt à être méfiant (Strabon) », et Quintilius Varus ne le fut pas assez. Attiré dans un guet-apens « contre la foi des traités », il périt avec trois légions, ces légions dont le spectre hantait les insomnies d’Auguste. Les Chérusques, héritiers des Teutons, avaient conservé peut-être un souvenir du désastre infligé par Marius à leurs aïeux; ils égorgèrent les Romains jusqu’au dernier (l’an 9 de notre ère).

Les représailles se firent attendre quelques années. Ce fut seulement après la mort d’Auguste (16) que Germanicus renversa dans la forêt de Teutberg (colline ou forteresse des Teutons) les autels où Varus et ses soldats avaient été immolés au Mars teutonique, et put venger dans une grande bataille, à Idistavisus, l’ancienne défaite, si cruelle à l’orgueil romain. Rome put voir défiler à la suite du triomphateur « les personnages les plus illustres de la nation des Chérusques : le chef Segimund, fils de Ségeste, avec son fils Thumélic, jeune enfant de trois ans, et sa sœur Thusnelda, femme d’Arminius, le même qui commandait l’armée chérusque lors de la lâche et perfide agression dirigée contre Varus, et qui, aujourd’hui encore, s’efforce d’entretenir et de prolonger la guerre ; Sésithacos, fils de Sigismer, autre chef chérusque, avec sa femme Rhamis, dont le père, Ukromer, commande à la nation des Chattes ; et le Sicambre Deudorix (Théodoric), fils de Baitorix.

« Ségeste, le beau-père d’Arminius, qui, dès le commencement des hostilités, s’était séparé hautement de son gendre, et qui avait passé dans le camp romain à la première occasion favorable, Ségeste, comblé d’honneurs pour sa défection, assistait au défilé de tous ces captifs, ses enfants. Le grand prêtre des Chattes, Libès, figurait aussi dans cette pompe triomphale, avec maint autre prisonnier de distinction appartenant aux différents peuples vaincus, Caülques (Chauques), Camptianes, Bructères, Usipes, Chérusques, Chattes, Chattuariens, Dandutes (?) et Tubantes. »

Strabon, auquel nous devons ces notes et ces noms si précieux, a quelque peu étendu et éclairé le tableau esquissé par César. La Germanie, comprise entre la mer du Nord et le Danube, entre le Rhin et l’Elbe, est, dit-il, parfaitement connue. Il y distingue trois groupes, ou au moins deux principaux, Sicambres, Chérusques, Suèves. Aux premiers, qui occupent les bords, surtout la rive droite de l’Yssel et du Rhin, il rattache les tribus maritimes, notamment les Bructères de l’Ems et les Cimbres de la Basse-Elbe. Les Chérusques dominent dans la région moyenne, sur le Wéser, la Lippe, le Main, avec les Chattes, les Gamabrives, les Chattuariens, etc. Quant aux Suèves, ils remplissaient, depuis le Haut-Rhin et les sources du Danube jusqu’au pays des Daces, toute la profondeur de la forêt hercynienne, jadis habitée, au IVè siècle encore, par les Celtes et les Galates. Au sud, entre le Danube et les Alpes, des tribus d’origine celtique et peut-être illyrienne, à peu près soumises aux Romains, restaient cantonnées dans la Vindélicie, la Rhétie, le Norique et la Pannonie (Bavière, Tyrol, Autriche). Les Suèves les plus orientaux, les Quades, vivaient en pleine forêt hercynienne, là où ses masses touffues couvrent les pentes des monts bohèmes. « On rencontre en ces régions — Strabon que je cite n’en a qu’une idée fort vague — Buiœmon (pays des Boïes, la Bohème), résidence du roi Marobod (nom entièrement celte : Maro-boduus), qui, pour la peupler, y a transplanté naguère différentes tribus, celle, entre autres, des Marcomans ses compatriotes.

« Ce Marobod, simple particulier à l’origine, s’était emparé du pouvoir à son retour de Rome, où il avait passé toute sa jeunesse auprès d’Auguste, qui l’avait comblé de faveurs. Il devint en très peu de temps un des principaux chefs et réunit sous ses lois les Luges (? Slaves), les Didunes, Butons, Sudins, et jusqu’aux Semnons, tribu nombreuse appartenant à cette grande famille des Suèves, dont les Hermundures et les Langobards, au delà de l’Elbe, forment encore deux importants rameaux. — Quels sont, maintenant, ajoute notre auteur, les peuples qui, au nord des Daces, habitent au delà des Germains proprement dits ? les Bastarnes ? les Iazyges, les Roxolans ? ou tels autres Hamaxoïques ? c’est ce qu’il nous serait difficile de décider. Les vaisseaux romains n’ont pas encore dépassé l’embouchure de l’Elbe , et nous ne voyons pas qu’aucun des anciens navigateurs se soit avancé vers l’est, le long des côtes de l’Océan, jusqu’à l’entrée de la mer Caspienne ; Il n’y a pas de voyageur non plus qui ait suivi et exploré par terre tout le littoral de l’Océan. Toute la contrée au delà de l’Elbe qui avoisine l’Océan nous est complètement inconnue. »

N’est-il pas curieux de constater qu’au Ier siècle de notre ère, le plus savant géographe du temps n’avait pas encore le moindre soupçon de la Scandinavie et de la Baltique ? Strabon pourtant a beaucoup de mérite et nous fournit nombre d’informations précieuses ; on croit, par moment, qu’il va découvrir cette marche, si évidente, des peuples, qui se poussent à mesure qu’ils s’accroissent, cette intrusion des Suèves dans le monde celtique, Boïes, Tolistoboïes, etc., sous la pression des Bastarnes, chassés eux-mêmes par d’autres tribus scythes. Non, il se contente de remarquer « la facilité des Germains à se déplacer », habitude commune à tous et qui tient à l’extrême simplicité de leur vie, à ce qu’ils n’ont ni champs à cultiver, ni argent à amasser ; « ils habitent de simples cabanes provisoires, ne se nourrissant guère que des produits de leurs troupeaux, toujours prêts à charger le peu qu’ils possèdent sur leurs chariots et à s’en aller, avec leur bétail, où bon leur semble ».

Nous allons voir sur ce point Tacite moins clairvoyant encore, d’autant que, à l’époque où il écrit, les nomades de Strabon, tassés les uns contre les autres, semblent fixés dans les cantons qu’ils ne peuvent quitter sans écraser leurs voisins, eux-mêmes contenus par l’énorme bloc de l’empire romain.

Germanicus, en des campagnes pénibles mais victorieuses, avait pu non seulement atteindre les bouches du Wéser, mais dépasser ce fleuve. L’Elbe avait été donnée par Auguste pour extrême limite aux expéditions de ses généraux. Et, bien que la jalousie de Tibère eût arraché des mains de son neveu et fils adoptif une conquête certaine, — comme, plus tard, Claude arrêta Gorbulon en plein triomphe, — bien que les folies de Néron, les compétitions de Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, les défiances de Domitien, eussent réduit l’empire à soudoyer les rois barbares pour se déchirer lui-même en toute liberté ; les guerres intestines des Chamaves, des Ansibariens, des Chauques, les démêlés sanglants d’Arminius et de son beau-père Ségeste, tous deux chefs rivaux des Chérusques, les tergiversations perpétuelles du roi marcoman Maroboduus, enfin la répugnance de toutes ces hordes pour tout ordre stable, pour toute politique suivie, avaient maintenu la Germanie dans une sorte de désarroi, de chaos, durant tout le Ier siècle de notre ère. Si le Rhin avait été quelque peu dépassé, jusqu’à la Moselle et jusqu’au pied des Vosges, le Danube restait la limite de l’Empire ; bien plus, l’angle compris entre le Rhin et le Danube supérieur, ce qui s’est appelé plus tard Alemannia, était fermé, du Taunus à Ratisbonne, par une ligne de forts et de retranchements. Tel était, au commencement du règne de Trajan, l’aspect général de la Germanie.

C’est vers ce temps que Tacite entreprit d’opposer les vertus des barbares aux vices de ses compatriotes. Très sincèrement, mais de parti pris, il se plut à exalter la rudesse, la chasteté, la vaillance, et même la sagesse des Chauques, des Hermundures ou des Semnons. Beaucoup d’illusions historiques, d’erreurs que certains de nos érudits considèrent comme de véritables dogmes, ont pris naissance dans l’opuscule de Tacite. Tant de lieux communs sérieusement débités sur la pureté ethnique des peuples germains, sur l’autochthonie de la race, sur les institutions politiques ou sociales, sur le droit germanique, dérivent, sans qu’on le sache, d’une ligne, d’un mot, hasardés par l’écrivain, et que la beauté, la concision d’un style fameux ont à jamais fixés dans la mémoire. Et comment les sociétés modernes, toutes plus ou moins issues du trouble jeté dans le monde par l’expansion germanique, auraient-elles négligé le précieux témoignage d’un historien si noble et si sévère? Ajoutez que le traité Des mœurs des Germains, trop peu explicite à notre gré, n’en est pas moins, le seul tableau, la seule esquisse d’ensemble que les anciens nous aient laissés sur ce que nous appellerons la seconde phase, la phase sédentaire de la Germanie antique, sorte d’accalmie, très courte, entre la grande insurrection du chef batave Civilis à l’extrême occident (Vespasien), et les invasions sarmatiques à l’orient (Marc-Aurèle).

Nous ne pouvons donc mieux faire que de suivre Tacite, non sans précaution, bien entendu, ni sans commentaires.

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18 avril 2012 - Posted by | lecture | , , , ,

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