Occidere's Blog

Les origines slaves – partie 1

Seconde partie du livre Germains et Slaves, origines et croyances, de André Lefèvre, 1903.  Lien vers la table des matières.

.

§ 1. Expansion des Sarmates. Renseignements fournis par Hérodote, Tacite, Suétone, Jordanès, sur les Sigynnes, Vénèdes, Lygiens, Peucins, Sclavins et Antes (Vè siècle avant, Vè siècle après J.-C.).

S’il existe un sujet où éclate la différence, plus d’une fois signalée, entre l’Ethnologie et l’Ethnographie, c’est bien celui où nous entraîne la marche des Indo-Européens du Nord vers l’occident. L’une traite des races, l’autre des nations. La race comporte une moyenne de caractères physiques communs à tous les individus qui s’y rattachent. La nation implique seulement une certaine communauté de caractères moraux, d’habitudes sociales et de culture intellectuelle. On peut entrevoir une race ombro-ligure, à la tête arrondie, aux cheveux bruns, répandue dans l’ltalie et la Gaule centrale ; on peut, à la rigueur, constituer une race celtique, une race teutonique, une race achéenne, variétés d’un type grand, blond, dolichocéphale ; mais y a-t-il, au moins pouvons-nous définir, une race slave?

Que n’a-t-on pas écrit sur l’unité, la fixité du type slave! Selon Maury, il n’y en a pas de plus stable, de plus homogène. M. Edward le dépeint avec une extrême précision. Et l’on s’aperçoit que le portrait se rapporte à grand’peine à un ou deux groupes slaves. Celui-ci soutient que la tête slave est carrée ; cet autre, arrondie ou ovale ; le nez slave droit, ou aplati, ou relevé. Et tout est vrai. Non seulement Russes et Ruthènes, Polonais et Tchèques, Serbes, Croates, Slovènes, en tant que peuples, diffèrent notablement les uns des autres ; mais dans chaque nation, les éléments les plus divers sont représentés en proportions inégales, que les moyennes négligent et, forcément, dissimulent. Et c’est dans cette diversité même que se laisse entrevoir l’histoire ignorée de ces millions d’hommes confondus aujourd’hui sous une appellation commune, de ce grand arbre qui, né d’un germe imperceptible, couvre aujourd’hui de son ombre la moitié de l’Europe et la moitié de l’Asie.

Le nom de Slaves (Sclavini, Esclavons), porté à l’origine par une tribu sarmatique, s’est tardivement étendu à des nations de types divers, plus ou moins purs, plus ou moins croisés, qui se trouvaient parler les dialectes d’une même langue. Slave est identique au grec klévos, kléès, dans Héraklès, Périklès, etc., — de la racine indo-européenne klu, çru, « résonner, entendre », — et signifie « renommé, illustre ».

La plupart des peuples se sont ainsi désignés par la qualité qu’ils prisaient le plus : les braves, les éloquents, les brillants, les nobles, etc. Par une étrange destinée, une forme de ce nom glorieux, Sclavini, Esclavons, a fourni à nos langues les mots « esclave, esclavage ».

C’est dans le voisinage immédiat des Iraniens que la linguistique et la mythologie nous amènent à chercher l’origine de ce que nous appellerons, faute de mieux, le monde slave1, dans ces vastes régions d’où sont sortis les ancêtres des Celtes et des Germains, entre la Caspienne et la Vistule, entre le Volga et le Pont-Euxin. A ceux qui n’accueillent pas sans défiance les indications fournies par l’étude des langues et des croyances, l’histoire apporte ici les témoignages les moins discutables. Au temps d’Hérodote, au Vè siècle avant notre ère, la nation qui a longtemps donné son nom à toute la masse des peuples slaves ou slavisés, les Sauromates ou Sarmates, habitait encore au nord du Caucase2, au sud des Budins, l’espace qui va de la Caspienne à la mer d’Azov et au Don ou Tanaïs. Voici le texte même (IV, 21) : « En traversant le Tanaïs, on n’est plus en Scythie ; on commence à entrer chez les Sauromates, qui, à partir de l’angle du Palus Maeotis, habitent un espace de quinze journées de marche, où il n’y a point d’arbres, ni fruitiers, ni sauvages. Au-dessus du lot qui leur est échu, les Budins en occupent un autre ; celui-ci couvert de toutes sortes d’arbres. » C’est donc un point acquis.

Le père de l’histoire nous raconte ensuite une légende bizarre, mais d’où il résulte que les Sauromates n’étaient qu’une tribu scythique. Les Amazones, vaincues au bord du Thermodon, s’étaient réfugiées en Scythie. De leur union avec de jeunes guerriers Scythes était né tout un peuple, établi sur la rive gauche du Tanaïs (IV, 110-117) : « Les femmes des. Sauromates, ajoute-t-il, ont conservé les anciennes coutumes ; elles montent à cheval ; elle vont à la chasse; elles s’habillent comme leurs maris. Nulle vierge ne se marie avant d’avoir tué un homme. Quelques-unes vieillissent sans se marier, faute d’avoir pu remplir cette condition de la loi. Les Sauromates parlent la langue scythique ; mais de tout temps ils y ont mêlé des solécismes, car les amazones ne l’ont jamais apprise comme il faut. » Les Sauromates donc, et les Scythes, leurs voisins et leurs parents, parlaient des dialectes d’une même langue. Nous savons aussi par Hérodote que ces dialectes étaient nombreux ; les diverses tribus scythiques avaient besoin entre elles de sept interprètes.

Un certain nombre de mots, surtout des noms de rois, recueillis par des marchands hellènes, qui trafiquaient de temps immémorial avec les riverains de la Crimée et du Dniéper, ont une physionomie tout iranienne. Si l’on ajoute que la Russie méridionale a été tour à tour occupée et traversée par les Thraces, les Gètes, les Celtes et les Germains, on conclura, sans crainte d’erreur,que les dialectes scythiques, tous plus ou moins apparentés entre eux, formaient une sorte de transition entre les langues des Aryas orientaux et les idiomes que les Aryas d’Europe ont importés et développés dans les régions de l’Occident où ils se fixèrent.

Et comment en eût-il été autrement, puisque les Scythes — c’est-à-dire l’ensemble des trois groupes, encore indéterminés, Celto-Germano-Slaves — avaient, mille ans seulement avant l’invasion de Darius, quitté, sous la pression des Massagètes, le berceau même de la culture indo-européenne, le bassin de l’Oxus ? Ils se proclamaient volontiers la plus jeune des nations, et se rendaient parfaitement compte, selon Hérodote, de leur exode, de leur marche autour de la mer Caspienne, de leur descente vers la mer Noire par les vallées des grands fleuves, à travers quelques débris de hordes finnoises ou hunniques déjà pourchassées par le vaste flux thraco-ligure, qui avait ouvert les chemins de l’Istros.

Il est très probable que des tribus à la fois scythiques et thraces, à la fois germaines et slaves, pénétrèrent en des temps reculés dans la vallée et sur les deux rives du Danube ; celles-là échelonnées entre le Niémen et les bouches du grand fleuve : Roxolans, Bastarnes et Peucins ; les autres plus avant dans l’ouest et le midi : Lugiens, Vénèdes (de Tacite) et sans doute Vénètes de l’Adriatique3. Je ne considère pas du tout comme une témérité de signaler à l’extrême occident les Vénètes celto-ligiires, et à l’orient les Enètes qu’Homère place, à bon escient, en Paphlagonie, comme des membres, dispersés et différenciés avec le temps, d’une même tribu vénète ou windique.

Une remarque de même genre, mais plus intéressante, est suggérée par le nom d’un peuple qu’Hérodote établit sur la rive gauche de l’Istros, les Sigunnoi4. Au delà de ce fleuve, dit-il, paeaît s’étendre un désert immense. Tout ce que j’ai pu en apprendre, c’est qu’il s’y trouve une peuplade qu’on nomme les Sigynnes, faisant usage du costume médique. Leurs chevaux sont couverts, sur tout le corps, de crins dont la longueur est de cinq travers de doigts ; ces chevaux sont de petite taille, camus et incapables de porter des hommes. Attelés à un char, leur rapidité est extrême ; aussi, les Sigynnes sont-ils tous conducteurs de chars. Ils étendent leurs limites jusqu’au voisinage des Enètes, de ceux qui demeurent devant l’Adriatique. On les dit émigrés mèdes ; je ne puis m’imaginer comment des Mèdes auraient formé une telle colonie ; mais longueur de temps amène toutes choses. Les Ligures qui vivent au-dessus de Marseille, appellent les marchands Sigynnes ; les Cypriotes appellent ainsi les javelots. »

C’est là un bien précieux passage. Les Sigynnes, marchands, importateurs d’armes en métal, en fer sans doute, étaient, comme les Scythes, vêtus à la mède, à la perse, de ces pantalons ou braies que leur ont empruntés les Celtes. Ils pouvaient très bien venir de la Médie où les Scythes ont longtemps séjourné ; les Chalybes, entre l’Arménie et l’Atropatène, travaillaient le fer qu’Eschyle appelle « hôte chalybe » ; or, ils étaient Scythes. Le nom des Sigunnes est resté à l’ancienne Belgrade Sigin ou Singidunum, s’associant ainsi à une terminaison celtique, ce qui implique un long voisinage ou une fusion de certains éléments scythes avec ces peuples celtes, Taurisques, Scordisques, qui ont laissé quelques traces sur le bas Danube et dans les vallées de la Save et de la Drave : Durostorum, Silistrie ; Noreia, Laybach, etc. Enfin, il est permis de voir en Sigynne la forme la plus ancienne du nom des Tsiganes, chaudronniers, marteleurs, ouvriers en fer et en bronze, dont les bandes, accrues de tous les échappés de l’Orient, ont si longtemps parcouru l’Europe, et dont le langage témoigne encore d’une origine indo-européenne.

Quoi qu’il en soit, nous voyons qu’au Vè siècle avant notre ère, les éléments slaves perdus dans le chaos scythique, laissant une forte arrière-garde sarmate entre la Caspienne et le Tanaïs, s’avançaient vers l’occident sous le nom de Sigynnes, peut-être de Vénètes, jusqu’à la Theiss, la Save et même l’Adriatique. Et nous comprenons pourquoi les Germains, rejetés vers le nord par les Carpathes et le coude du Danube, ont dû s’engager dans l’interminable forêt hercynienne, pourquoi de nombreuses tribus, contournant la Bohême encore celtique, ont été confinées le long de la Baltique et réduites à gagner la Scandinavie.

Maintenant, le silence va se faire dans l’histoire, pendant près de cinq siècles, sur ce monde slave un moment entrevu avec ses mœurs primitives, ses habitudes nomades, ses grands et petits chevaux, ses chariots couverts de feutre où sont entassés les femmes, les enfants, les provisions et le butin. Et lorsque nous le retrouvons au Ier siècle de notre ère, il ne paraît pas avoir changé ; il s’est étendu seulement. La Scythie, peu à peu vidée par les émigrations, a été occupée par les Sarmates, eux-mêmes évincés par les Alains. Strabon signale des Roxolans (Ruksh, briller) sur le Dniéper ; Pline, vers 77 (IV, & 97), des Vénèdes vers le bas Danube ; Tacite, des Lugiens (Polonais), des Aistes (Lituaniens) sur la Vistule, presque mêlés aux dernières peuplades et nations germaniques, dont quelques-unes, dit-il, paient à la fois tribut aux Quades et aux Sarmates, sans doute aux Sarmates Iazyges, qui avaient offert leur secours à Vespasien5.

« Une longue chaîne, dit-il encore, coupe en deux la Suévie (il s’agit du long plateau qui sépare le bassin de l’Oder de la vallée de la Morava). Au delà de cette chaîne sont un grand nombre de nations dont la plus considérable est celle des Lygiens, divisée elle-même en beaucoup de cités. Il suffira dénommer les principales : Aries, Helvécones, Marimes, Elysies, Naharvales6. Chez ceux-ci, on montre un bois consacré par une antique religion. Le soin du culte est remis à un prêtre en habits de femme. Ils adorent deux frères, les Alci , qui rappellent Castor et Pollux. De ces peuples, les Aries sont les plus puissants; ces hommes farouches se teignent la peau, noircissent leurs boucliers, choisissent pour combattre la nuit la plus obscure. L’horreur et l’ombre qui environnent cette lugubre armée répandent l’épouvante. Au nord et sur le rivage à gauche, on trouve les Æstes, adorateurs de la Terre-Mère, et qui ont pour enseigne le sanglier. Leur langue ressemble à celle des Bretons. Ils cultivent volontiers, et surtout recueillent l’ambre. Ils ont peu d’armes de fer et combattent souvent avec le bâton ou l’épieu. Au sud en arrière sont les Peucins et les Vénèdes, Germains, ou Sarmates, on ne saurait le dire. Toutefois, les Peucins, qu’on nomme aussi Bastarnes, se rapprochent des premiers par le langage et l’habillement. Mais les principaux, en se mêlant par le mariage avec les Sarmates, ont contracté quelque chose de leurs formes hideuses. Tous végètent dans l’inertie et la malpropreté. Les Vénèdes ont pris beaucoup de leurs mœurs. En effet, tout ce qui s’élève de montagnes et de forêts entre les Peucins et les Fennes, les Vénèdes l’infestent de leurs brigandages. On incline à les compter parmi les Germains, parce qu’ils se construisent des cabanes et portent des boucliers. Ils aiment à se servir de leurs pieds et même se piquent de vitesse, différant en cela des Sarmates qui passent leur vie à cheval ou en chariot. »

Les renseignements réunis par Tacite sont quelque peu incertains et contradictoires. Ils montrent cependant que des groupes mixtes s’étaient formés en avant de la masse sarmatique, en arrière des Germains et des Celtes, et que les tribus slaves étaient entraînées lentement par le mouvement si manifeste, si incontestable, des Indo-Européens du Nord vers l’occident.

D’après Suétone, Tibère, déjà retiré à Caprée, aurait laissé les Sarmates ravager la Mésie. Sous Domitien, les Sarmates massacrèrent une légion. Ils furent refoulés en 75, et Domitien se décerna les honneurs d’un triomphe.

Au cours du second siècle, un grand événement, à peine connu des anciens, vint accélérer la marche des Slaves. Deux puissantes fractions de la nation gotique avaient quitté la Suède et abordé aux bouches du Niémen ou de la Dvina. Séparés de leurs frères Gothons et Gothins épars dans la Germanie, les Wisigots et les Ostrogots durent contourner les Aistes et les Vénètes et, en descendant le Dniester et le Dniéper, gagner les rivages de la mer Noire. Ils furent obligés de passer à travers les Slaves, poussant vers l’ouest les Sarmates et les Roxolans retardataires, rejetant sans doute vers le nord, dans les régions occupées par les Fennes, un certain nombre de peuplades qui devaient former le noyau de la nation russe7.

Les Wénèdes ou Winides, qu’on peut croire proches parents des Vandales, reculant ou avançant, commeon voudra, serrèrent les Langobards contre les Burgundes, les Burgundes contre les Suèves, et se firent place sur les bords de la Baltique, parmi les Ruges, les Hérules, les Angles. Les lazyges débordèrent sur la Pannonie, où les Germains quades et marcomans les suivirent, violemment frôlés qu’ils étaient au nord par les Burgundes. En 168, 172, par deux fois, des multitudes quades et iazyges vinrent battre les murs d’Aquilée ; et, sans l’énergie désespérée de Marc Aurèle et Vérus, de nouveaux Cimbres, de nouveaux Sénons auraient envahi l’Italie par les passages mêmes qui l’avaient jadis ouverte aux Ligures, aux Ombro-Latins, aux Étrusques et qui bientôt la livreront aux Gots, aux Huns, aux Lombards.

Jordanès, un Got qui a résumé, vers 552, l’histoire de Cassiodore, nous a laissé sur ces temps qu’on peut appeler goto-slaves quelques notes qui semblent authentiques. Je les résume : lorsque, dit-il, les Gots, sortis de la Scanie avec leur loi Bérig, eurent pris pied sur le continent, ils commencèrent par battre, expulser et remplacer les Ulméruges, qui habitaient la côte ; « dès cette époque, ils subjuguèrent les Vandales, leurs voisins, et les appelèrent à partager leurs victoires ». Mais la population s’étant accrue dans des proportions énormes, force fut aux Gots de chercher des demeures plus vastes. Une partie d’entre eux passe un fleuve, sans doute le Dniester, et atteint non sans combats le pourtour de la mer pontique. Ce sont les Ostrogots. Le reste, ce sont les Wisigots, campe du Dniester aux Carpathes, foulant et rançonnant tous les pillards slaves qui dominaient dans ces contrées ; le poste le plus avancé des Gots, vers le confluent de la Theiss et du Danube, fut occupé par les Gépides, qui se trouvaient ainsi adossés, vers l’orient, aux montagnes de la Dacie, ce refuge de Celtes, de Thraces, de Gètes, où s’est conservée, à travers tant de vicissitudes, tant de mélanges ethniques, une langue latine, le roumain ou valaque. Sur le revers septentrional de ces montagnes, s’étend, depuis la source de la Vistule sur un espace immense, la nation populeuse des Winides. « Bien que maintenant (VIè s.) les noms de ces peuples aient subi divers changements selon leurs diverses familles et selon leurs demeures, on les appelle principalement Sclavins et Antes. Les terres des Sclavins se déploient de la Vistule au Dniester, un peu au nord ; ces peuples, au lieu de cités, habitent des marécages et des forêts. Les Antes sont les plus courageux de cette race ; leur territoire va du Dniester au Danube. Sur le rivage de l’Océan (la Baltique), où les eaux de la Vistule sont absorbées par trois embouchures, sont établis les Vidioariens ou Vividariens, formés de la réunion de diverses nations8. »

Ainsi, dans ces contrées toujours troublées, les tribus succèdent ou s’amalgament aux tribus, les noms changent ; mais, que ce soit sous la domination des Wisigots au IIIè siècle, des Ostrogots (au temps d’Ermanaric) ou des Huns et des Avars, la Slavie se constitue et s’agrandit, et le parler slave se fixe pour ainsi dire dans le sol, du Tanaïs au Volga, de l’Euxin à l’Oder et à la Baltique, repoussant comme l’herbe sous le pied qui la foule et la dent qui la tond.

1Voir la carte 16.

2Voir les cartes 1 et 17.

3Voir la carte 17

4Voir la carte 17.

5Voir la carte 4

6Voir la carte 18, mise en rapport avec la carte 4

7Voir la carte 19, mise en rapport avec les cartes 5 et 10.

8Voir la carte 20.

Publicités

25 juillet 2012 - Posted by | lecture | ,

Aucun commentaire pour l’instant.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :