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L’Agarttha et le roi du monde

Ferdynand Ossendowski était un universitaire, écrivain et aventurier polonais né en 1876. En 1920 il doit fuir la Russie pour échapper à l’armée Rouge et au régime des Bolcheviks. Commence alors pour lui une aventure, à pied, à cheval et en chameau, qui va le mener, depuis Krasnoiarsk, en Sibérie, jusqu’au Tibet en passant par la Mongolie et le désert de Gobi, frôlant plusieurs fois la mort. A son retour, il écrit un livre qui retrace son périple : Bêtes, Hommes et Dieux, à travers la Mongolie interdite, paru en anglais en 1922, et qui connu un gros succès.

Dans ce livre, il raconte ce qu’on dit d’une contrée souterraine, mystérieuse et légendaire, l’Agarttha, multi-millénaire, et dirigé par le Souverain Pontife, le Roi du monde.

C’est cette partie de son livre que je me mets en ligne car elle vaut le coup d’œil : c’est une histoire comme j’aime bien les entendre, un témoignage admirablement écrit, très accessible.

Puis c’est à René Guénon que je laisserai la place, à son chapitre « notions sur l’Agarttha en occident » de son livre Le Roi du Monde, plus dogmatique, mais qui commente le témoignage d’Ossendowski.

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itinéraire ossendowski

Plan :

 

Le mystère des mystères

Le roi du monde

 

 

Le royaume souterrain

 

— Arrêtez ! murmura mon guide mongol un jour que nous traversions la plaine près de Tzagan Luk. Arrêtez !

Il se laissa glisser du haut de son chameau qui se coucha sans qu’il eût besoin de lui en donner l’ordre.

Le Mongol éleva ses mains devant son visage en un geste de prière et commença à répéter la phrase sacrée :

Om mani padme Hung.

Les autres Mongols aussitôt arrêtèrent leurs chameaux et commencèrent à prier.

« Qu’est-il arrivé ? » pensai-je tout en regardant autour de moi l’herbe d’un vert tendre qui s’étendait à l’horizon jusqu’au ciel sans nuage, illuminé par les derniers rayons rêveurs du soleil du soir.

Les Mongols prièrent pendant un moment, murmurèrent entre eux et, après avoir resserré les sangles des chameaux, reprirent leur marche.

— Avez-vous vu, me demanda le Mongol, comme nos chameaux remuaient les oreilles de frayeur, comme le troupeau de chevaux sur la plaine restait immobile et attentif et comme les moutons et le bétail se couchaient sur le sol ? Avez-vous remarqué que les oiseaux cessaient de voler, les marmottent de courir et les chiens d’aboyer. L’air vibrait doucement et apportait de loin la musique d’un chant qui pénétrait jusqu’au cœur des hommes, des bêtes et des oiseaux. La terre et le ciel retenaient leur haleine. Le vent cessait de souffler ; le soleil s’arrêtait dans sa course. En un moment comme celui-ci, le loup qui s’approche des moutons à la dérobée fait halte dans sa marche sournoise ; le troupeau d’antilopes apeurées retient son élan éperdu ; le couteau du berger prêt à couper la gorge du mouton lui tombe des mains ; l’hermine rapace cesse de ramper derrière la perdrix salga sans méfiance. Tous les êtres vivants pris de peur, involontairement tombent en prières, attendant leur destin. C’était ce qui se passait maintenant. C’était ce qui se passait toutes les fois que le Roi du Monde, en son palais souterrain, priait, cherchant la destinée des peuples de la terre.

Ainsi parla le vieux Mongol, simple berger sans culture.

La Mongolie avec ses montagnes dénudées et terribles, ses plaines illimitées couvertes des ossements épars des ancêtres, a donné naissance au mystère. Ce mystère, son peuple effrayé par les passions orageuses de la nature ou endormi par sa paix de mort, en sent la profondeur, les lamas1 rouges et jaunes le conservent et le poétisent. Les pontifes de Lhassa et d’Ourga2 en gardent la science et la possession.

C’est pendant mon voyage en Asie centrale que je connus pour la première fois le mystère des mystères, que je ne puis appeler autrement. Au début je n’y attachais pas beaucoup d’attention, mais je m’aperçus par la suite de son importance quand j’eus analysé et comparé certains témoignages sporadiques et souvent sujets à controverse.

Les vieillards des rives de l’Amyl me racontèrent une ancienne légende selon laquelle une tribu mongole, en cherchant à échapper aux exigences de Gengis Khan, se cacha dans une contrée souterraine. Plus tard un Soyote des environs du lac de Nogan Kul me montra, dégageant un nuage de fumée, la porte qui sert d’entrée au royaume d’Agharti. C’est par cette porte qu’un chasseur, autrefois, pénétra dans le royaume et, après son retour, commença à raconter ce qu’il y avait vu. Les lamas lui coupèrent la langue pour l’empêcher de parler du mystère des mystères. Dans sa vieillesse il revint à l’entrée de la caverne et disparut dans le royaume souterrain dont le souvenir avait orné et réjoui son cœur de nomade.

J’obtins des renseignements plus détaillés de la bouche du houtouktou3 Jelyp Djamarap de Narabanchi-Kure. Il me raconta l’histoire de l’arrivée du puissant Roi du Monde à sa sortie du royaume souterrain, son apparition, ses miracles et ses prophéties ; c’est alors seulement que je commençai à comprendre que dans cette légende, cette hypnose, cette vision collective, de quelque façon qu’on l’interprète, se cachait non seulement un mystère mais une force réelle et souveraine, capable d’influer sur le cours de la vie politique de l’Asie. A partir de ce moment, je commençai mes recherches.

Le lama Gelong4, favori du prince Choultoun-Beyli, et le prince lui-même, me firent la description du royaume souterrain.

— Dans le monde, dit le Gelong, tout est constamment en état de transition et de changement, les peuples, les religions, les lois et les coutumes. Combien de grands empires et de brillantes cultures ont péri ! Et cela seul qui reste inchangé, c’est le mal, l’instrument des mauvais esprits. Il y a plus de six mille ans, un saint homme disparut avec toute une tribu dans l’intérieur du sol et n’a jamais reparu sur la surface de la terre. Beaucoup de gens cependant ont depuis visité ce royaume, Çakya Mouni, Undur-Gheghen, Paspa5, Baber et d’autres. Nul ne sait où se trouve cet endroit.

L’un dit l’Afghanistan, d’autres disent l’Inde. Tous les hommes de cette religion sont protégés contre le mal et le crime n’existe pas à l’intérieur de ses frontières. La science s’y est développée dans la tranquillité, rien n’y est menacé de destruction. Le peuple souterrain a atteint le plus haut savoir. Maintenant c’est un grand royaume, comptant des millions de sujets sur lesquels règne le Roi du Monde. Il connaît toutes les forces de la nature, lit dans toutes les âmes humaines et dans le grand livre de la destinée. Invisible, il règne sur huit cent millions d’hommes, qui sont prêts à exécuter ses ordres.

Le prince Choultoun Beyli ajouta : ce royaume est Agharti. Il s’étend à travers tous les passages souterrains du Monde entier. J’ai entendu un savant lama chinois dire au Bogdo Khan6 que toutes les cavernes souterraines de l’Amérique sont habitées par le peuple ancien qui disparut sous terre. On retrouve encore de leurs traces à la surface du pays. Ces peuples et ces espaces souterrains sont gouvernés par des chefs qui reconnaissent la souveraineté du Roi du Monde. Il n’y a pas en cela grand-chose de merveilleux. Vous savez que dans les deux plus grands océans de l’Est et de l’Ouest se trouvaient autrefois deux continents7. Ils disparurent sous les eaux, mais leurs habitants passèrent dans le royaume souterrain.

Les cavernes profondes sont éclairées d’une lumière particulière qui permet la croissance des céréales et des végétaux et donne au peuple une longue vie sans maladie. Là existent de nombreux peuples, de nombreuses tribus. Un vieux brahmane bouddhiste du Népal accomplissait la volonté des dieux en faisant une visite à l’ancien royaume de Gengis, le Siam, quand il rencontra un pêcheur qui lui ordonna de prendre place dans sa barque et de voguer avec lui sur la mer. Le troisième jour ils atteignirent une île où vivait une race d’hommes ayant deux langues qui pouvaient parler séparément des langages différents. Ils lui montrèrent des animaux curieux, des tortues ayant seize pattes et un seul œil, d’énormes serpents dont la chair était savoureuse, des oiseaux ayant des dents qui attrapaient du poisson pour leurs maîtres en mer. Ces gens lui dirent qu’ils étaient venus du royaume souterrain et lui décrivirent certaines régions.

Le lama Turgut qui fit le voyage d’Ourga à Pékin avec moi me donna d’autres détails.

— La capitale d’Agharti est entourée de villes où habitent des grands prêtres et des savants. Elle rappelle Lhassa où le palais du Dalaï Lama, le Potala8, se trouve au sommet d’une montagne recouverte de temples et de monastères. Le trône du Roi du Monde est entouré de deux millions de dieux incarnés. Ce sont les saints panditas9. Le palais lui-même est entouré des palais des Goros10 qui possèdent toutes les forces visibles et invisibles de la terre, de l’enfer et du ciel et qui peuvent tout faire pour la vie et la mort des hommes. Si notre folle humanité commençait contre eux la guerre, ils seraient capables de faire sauter la surface de notre planète et de la transformer en déserts. Ils peuvent dessécher les mers, changer les continents en océans et répandre les montagnes parmi les sables du désert. A leur commandement, les arbres, les herbes et les buissons se mettent à pousser ; des hommes vieux et faibles deviennent jeunes et vigoureux et les morts ressuscitent.

Dans d’étranges chariots, inconnus de nous, ils franchissent à toute vitesse les étroits couloirs à l’intérieur de notre planète. Quelques brahmanes de l’Inde et des Dalaï Lamas du Thibet ayant réussi à gravir des pics montagneux où nul autre pied humain ne s’est jamais posé y ont trouvé des inscriptions taillées dans le roc, des traces de pas dans la neige et des marques laissées par des roues de voitures. Le bienheureux Çakia-Mouni trouva, au sommet d’une montagne, des tablettes de pierre portant des mots qu’il ne réussit à comprendre qu’à un âge avancé et pénétra ensuite au royaume d’Agharti d’où il rapporta des miettes de savoir sacré que sa mémoire avait conservées. C’est là, dans des palais de cristal merveilleux qu’habitent les chefs invisibles des fidèles, le Roi du Monde, Brahytma, qui peut parler à Dieu comme je vous parle, et ses deux assistants, Mahytma, qui connaît les événements de l’avenir, et Mahynga, qui dirige les causes de ces événements.

Les saints panditas étudient le monde et ses forces. Quelquefois les plus savants d’entre eux se rassemblent et envoient des délégués à l’endroit où les yeux humains n’ont jamais pénétré. Ceci est décrit par le Tashi Lama qui vivait il y a huit cent cinquante ans. Les plus hauts panditas, une main sur les yeux et l’autre à la base du cerveau de prêtres plus jeunes, les endorment profondément, lavent leurs corps avec une infusion de plantes, les immunisent contre la douleur, les rendent aussi durs que de la pierre, les enveloppent dans des bandelettes magiques, puis se mettent à prier le Dieu puissant. Les jeunes hommes pétrifiés, couchés, les yeux ouverts et les oreilles attentives, voient, entendent et se rappellent de tout. Ensuite un Goro s’approche et fixe sur eux un long regard. Lentement les corps se soulèvent de terre et disparaissent.

Le Goro reste assis, les yeux fixés sur l’endroit où il les a envoyés. Des fils invisibles les retiennent à sa volonté, quelques-uns d’entre eux voyagent parmi les étoiles, en observant les événements, les peuples inconnus, la vie et les lois. Ils y écoutent les conversations, lisent les livres, connaissent les fortunes et les misères, la sainteté et les péchés, la piété et le vice… Quelques-uns se mêlent à la flamme, voient la créature de feu, vive et féroce, combattent sans trêve, fondant et martelant des métaux dans les profondeurs des planètes, faisant bouillir l’eau des geysers et des sources thermales ; faisant fondre les rochers et déversant des flots en fusion sur la surface de la terre, par les orifices des montagnes.

D’autres se précipitent avec les créatures de l’air, infiniment petites, évanescentes et transparentes, pénètrent les mystères et le but de leur existence. D’autres glissent jusqu’aux profondeurs de la mer et observent le royaume des sages créatures de l’eau qui transportent et répandent la bonne chaleur sur toute la terre, gouvernant les vents, les vagues et les tempêtes. Au monastère d’Erdeni Dzu vivait autrefois Pandita Houtouktou qui était venu d’Agharti. En mourant, il parla du temps où il vécut, selon la volonté du Goro, sur une étoile rouge à l’Est, où il flotta sur l’océan couvert de glace et vola parmi les feux orageux qui brûlent aux profondeurs de la terre.

Telles sont les histoires que j’entendis raconter dans les yourtas11 des princes et dans les monastères lamaïstes. Le ton sur lequel on me fit ce récit m’interdisait de laisser paraître le moindre doute.

Mystère…

 

Le roi du monde en face de dieu

 

 

Pendant mon séjour à Ourga, j’essayai de trouver une explication à cette légende du Roi du Monde. Naturellement le Bouddha vivant était celui qui pouvait le mieux me renseigner et je m’efforçai, par conséquent, de le faire parler à ce sujet, Dans une conversation avec lui, je citai le nom du Roi du Monde. Le vieux pontife tourna brusquement la tête de mon côté et fixa sur moi ses yeux immobiles et sans vie. Malgré moi je gardai le silence. Le silence se prolongea, et le pontife reprit la conversation de telle sorte que je compris qu’il ne désirait pas aborder ce sujet. Sur les visages des autres personnages présents, je remarquai l’expression d’étonnement et de frayeur qu’avaient produite mes paroles, particulièrement chez le bibliothécaire du Bogdo Khan. On comprendra facilement que ceci ne fit que me rendre d’autant plus impatient d’en savoir davantage à ce sujet.

Comme je quittais le cabinet de travail du bogdo houtouktou, je rencontrai le bibliothécaire qui était sorti avant moi, et je lui demandai s’il consentirait à me faire visiter la bibliothèque du Bouddha vivant. J’usai avec lui d’une ruse très simple.

— Savez-vous, mon cher lama, lui dis-je, j’étais un jour dans la plaine à l’heure où le Roi du Monde s’entretenait avec Dieu, et je ressentis l’impressionnante majesté de ce moment.

A ma surprise, le vieux lama me répondit d’un air calme :

— Il n’est pas juste que le bouddhisme et que notre religion jaune le cachent. La reconnaissance de l’existence du plus saint et du plus puissant des hommes, du royaume bienheureux, du grand temple de la science sacrée est une telle consolation pour nos cœurs de pécheurs et nos vies corrompues que le cacher à l’humanité serait un péché.

« Eh bien ! écoutez, ajouta-t-il, toute l’année le Roi du Monde guide la tâche des panditas et des goros d’Agharti. Seulement, par moments, il se rend dans la caverne du temple où repose le corps embaumé de son prédécesseur dans un cercueil de pierre noire. Cette caverne est toujours sombre mais quand le Roi du Monde y pénètre, les murs sont rayés de feu et du couvercle du cercueil montent des langues de flammes. Le doyen des goros se tient devant lui, la tête et le visage recouverts, les mains jointes sur la poitrine. Le goro n’enlève jamais le voile de son visage, car sa tête est un crâne nu, avec des yeux vivants et une langue qui parle. Il communie avec les âmes de ceux qui s’en sont allés.

« Le Roi du Monde parle longtemps, puis s’approche du cercueil, en étendant la main. Les flammes brillent plus éclatantes ; les raies de feu sur les murs s’éteignent et reparaissent, s’entrelaçent, formant des signes mystérieux de l’alphabet vatannan12.

Du cercueil commencent à sortir des banderoles transparentes de lumière à peine visibles.

Ce sont les pensées de son prédécesseur. Bientôt le Roi du Monde est entouré d’une auréole de cette lumière et les lettres de feu écrivent, écrivent sans cesse sur les parois les désirs et les ordres de Dieu. A ce moment le Roi du Monde est en rapport avec les pensées de tous ceux qui dirigent la destinée de l’humanité : les rois, les tsars, les khans, les chefs guerriers, les grands-prêtres, les savants, les hommes puissants. Il connaît leurs intentions et leurs idées. Si elles plaisent à Dieu, le Roi du Monde les favorisera de son aide invisible ; si elles déplaisent à Dieu, le Roi provoquera leur échec. Ce pouvoir est donné à Agharti par la science mystérieuse d’Om, mot par lequel nous commençons toutes nos prières. « Om » est le nom d’un ancien saint, le premier des Goros, qui vécut il y a trois cent mille ans. Il fut le premier homme à connaître Dieu, le premier qui enseigna à l’humanité à croire, à espérer, à lutter avec le mal. Alors Dieu lui donna tout pouvoir sur les forces qui gouvernent le monde visible.

Après sa conversation avec son prédécesseur, le Roi du Monde assemble le grand Conseil de Dieu, juge les actions et les pensées des grands hommes, les aides ou les abats. Mahytma et Mahynga trouvent la place de ces actions et de ces pensées parmi les causes qui gouvernent le monde. Ensuite le Roi du Monde entre dans le grand temple et prie dans la solitude. Le feu apparaît sur l’autel, s’étendant petit à petit à tous les autels proches, et à travers la flamme ardente apparaît peu à peu le visage de Dieu. Le Roi du Monde annonce respectueusement à Dieu les décisions du Conseil et reçoit en échange les ordres divins du Tout-Puissant. Quand il sort du temple, le Roi du Monde rayonne de la lumière divine.

 

Réalité ou fiction mystique ?

 

 

— Quelqu’un a-t-il vu le Roi du Monde ? demandai-je.

— Oui, répondit le lama. Pendant les fêtes solennelles de l’ancien bouddhisme au Siam et aux Indes, le Roi du Monde apparut cinq fois. II était sur un char magnifique traîné par des éléphants blancs, orné d’or, de pierres précieuses et des plus fines étoffes ; il était vêtu d’un manteau blanc et portait sur la tête une tiare rouge d’où pendaient des rivières de diamants qui lui masquaient le visage. Il bénissait le peuple avec une pomme d’or surmontée d’un agneau. Les aveugles retrouvèrent la vue, les sourds entendirent, les infirmes recommencèrent à marcher et les morts se dressèrent dans leurs tombeaux partout où se posèrent les yeux du Roi du Monde. Il apparut aussi il y a cent quarante ans à Erdeni-Dzu et visita également l’ancien monastère de Sakkai et Narabanchi Kure.

Un de nos Bouddhas vivants et un des Tashi Lamas reçurent de lui un message écrit en caractères inconnus sur des tablettes d’or. Nul ne pouvait lire ces signes. Le Tashi Lama entra dans le temple, posa la tablette d’or sur sa tête et commença à prier. Grâce à cette prière les pensées du Roi du Monde pénétrèrent dans son cerveau et, sans avoir lu les signes énigmatiques, il comprit et accomplit le message du Roi.

— Combien y a-t-il de personnes qui sont allées à Agharti ? demandai-je.

— Un grand nombre, répondit le lama, mais tous ces hommes ont tenu secret ce qu’ils y ont vu. Quand les Olets13 détruisirent Lhassa, un de leurs détachements se trouvant dans les montagnes du sud-ouest arriva jusqu’aux limites d’Agharti. Ils y apprirent quelques-unes des sciences mystérieuses et les rapportèrent à la surface de la terre.

« Voilà pourquoi les Olets et les Kalmouks sont d’habiles sorciers et prophètes. Quelques tribus noires de l’Est pénétrèrent aussi à Agharti et y vécurent plusieurs siècles. Plus tard elles furent chassées du royaume et retournèrent sur la surface de la terre, rapportant avec elles le mystère des prédictions selon les cartes, les herbes, et les lignes de la main. Ce sont des bohémiens. Quelque part, au nord de l’Asie, existe une tribu qui est en train de disparaître et qui venait de la caverne d’Agharti. Les membres savent rappeler les esprits des morts quand ils flottent dans l’air.

Le lama resta silencieux quelque temps. Puis, comme s’il répondait à mes pensées, il continua :

— A Agharti, les savants panditas écrivent sur des tablettes de pierre toute la science de notre planète et des autres mondes. Les savants bouddhistes chinois le savent bien. Leur science est la plus haute et la plus pure. Chaque siècle, cent sages de Chine se réunissent en un endroit secret, sur les rives de la mer, où sortent des profondeurs cent tortues immortelles. Sur leurs écailles les Chinois écrivent les conclusions de la science divine du siècle.

Ceci me rappelle l’histoire que me raconta un vieux bonze chinois du temple du Ciel à Pékin. Il me dit que les tortues vivent plus de trois mille ans sans air ni nourriture et que c’est la raison pour laquelle toutes les colonnes du temple bleu du Ciel étaient posées sur des tortues vivantes afin d’empêcher le bois de pourrir.

— Plusieurs fois les pontifes d’Ourga et de Lhassa ont envoyé des ambassadeurs auprès du Roi du Monde, me dit le lama bibliothécaire, mais il leur fut impossible de le découvrir.

Seul un certain chef thibétain, après une bataille avec les Olets, trouva la caverne portant l’inscription : « Cette porte conduit à Agharti. » De la caverne sortit un homme de belle apparence, qui lui présenta une tablette d’or portant les signes mystérieux, en lui disant :

— Le Roi du Monde apparaîtra devant tous les hommes quand le temps sera venu pour lui de conduire tous les bons dans la guerre contre les méchants ; mais ce temps n’est pas encore venu. Les plus mauvais de l’humanité ne sont pas encore nés.

Le chiang-chun14 baron Ungern envoya le jeune prince Pounzig en ambassade auprès du Roi du Monde, mais il revint avec une lettre du Dalaï Lama. Le baron le renvoya une seconde fois, il ne revint jamais.

 

La prophétie du roi du monde en 1890

 

 

Le houtouktou de Narabanchi me raconta ceci quand je lui fis une visite à son monastère au commencement de 1921 :

— Quand le Roi du Monde apparut devant les lamas, favorisés de Dieu, dans notre monastère, il y a trente ans, il fit une prophétie relative aux siècles qui devaient suivre. La voici :

« De plus en plus les hommes oublieront leurs âmes et s’occuperont de leurs corps. La plus grande corruption régnera sur la terre. Les hommes deviendront semblables à des animaux féroces, assoiffés du sang de leurs frères. Le Croissant s’effacera et ses adeptes tomberont dans la mendicité et dans la guerre perpétuelle. Ses conquérants seront frappés par le soleil mais ne monteront pas deux fois ; il leur arrivera le plus grand des malheurs, qui s’achèvera en insultes aux yeux des autres peuples. Les couronnes des rois, grands et petits, tomberont : un, deux, trois quatre, cinq, six, sept, huit… Il y aura une guerre terrible entre tous les peuples. Les océans rougiront… la terre et le fond des mers seront couverts d’ossements… des royaumes seront morcelés, des peuples entiers mourront… la faim, la maladie, des crimes inconnus des lois, que jamais encore le monde n’avait vus.

Alors viendront les ennemis de Dieu et de l’Esprit divin qui se trouvent dans l’homme. Ceux qui prennent la main d’un autre périront aussi. Les oubliés, les persécutés, se lèveront et retiendront l’attention du monde entier. Il y aura des brouillards et des tempêtes. Des montagnes dénudées se couvriront de forêts. La terre tremblera… Des millions d’hommes échangeront les chaînes de l’esclavage et les humiliations, pour la faim, la maladie et la mort. Les anciennes routes seront couvertes de foules allant d’un endroit à un autre. Les plus grandes, les plus belles cités périront par le feu… une, deux, trois… Le père se dressera contre le fils, le frère contre le frère, la mère contre la fille. Le vice, le crime, la destruction du corps et de l’âme suivront… Les familles seront dispersées… La fidélité et l’amour disparaîtront… De dix mille hommes, un seul survivra… il sera nu, fou, sans force et ne saura pas se bâtir une maison ni trouver sa nourriture…

Il hurlera comme le loup furieux, dévorera des cadavres, mordra sa propre chair et défiera Dieu au combat… Toute la terre se videra. Dieu s’en détournera. Sur elle se répandra seulement la nuit et la mort. Alors j’enverrai un peuple, maintenant inconnu, qui, d’une main forte, arrachera les mauvaises herbes de la folie et du vice, et conduira ceux qui restent fidèles à l’esprit de l’homme dans la bataille contre le mal. Ils fonderont une nouvelle vie sur la terre purifiée par la mort des nations. Dans la centième année, trois grands royaumes seulement apparaîtront qui vivront heureux pendant soixante et onze ans. Ensuite il y aura dix-huit ans de guerre et de destruction. Alors les peuples d’Agharti sortiront de leurs cavernes souterraines et apparaîtront sur la surface de la terre. »

Plus tard, voyageant à travers la Mongolie orientale, vers Pékin, je me demandai souvent :

— Qu’arriverait-il ? qu’arriverait-il si des peuples entiers, de couleurs, de religions, de tribus différentes commençaient à émigrer vers l’Ouest ?

Maintenant, à l’heure où j’écris ces dernières lignes, mes yeux se tournent involontairement vers ce cœur illimité de l’Asie sur lequel se déroule le tracé de mes courses errantes. A travers les tourbillons de neige ou les tempêtes de sable du Gobi, je revois le visage du houtouktou de Narabanchi tandis que d’une voix calme, sa main montrant l’horizon, il m’ouvrait le secret de ses intimes pensées.

Près de Karakoroum, sur les rives d’Ubsa-Nor, je vois les immenses camps multicolores, les troupeaux de chevaux et de bétail, les yourtes bleues des chefs. Au-dessus, je vois les bannières de Gengis Khan, des rois du Thibet, du Siam, d’Afghanistan et des princes indiens ; les signes sacrés des pontifes lamaïstes ; les armes des Khans, des Olets et les simples signes des tribus mongoles du Nord. Je n’entends pas le bruit de la foule agitée. Les chanteurs ne chantent pas les airs mélancoliques des montagnes, des plaines et des déserts. Les jeunes cavaliers ne se plaisent pas à courir, montés sur leurs rapides chevaux… Il y a des foules innombrables de vieillards, de femmes et d’enfants, et, au-delà, au Nord et à l’Ouest, aussi loin que l’œil peut atteindre, le ciel est rouge comme une flamme, on entend le grondement et le pétillement de l’incendie, le bruit féroce de la bataille qui conduit ces guerriers versant, sous le ciel rougi, leur sang et celui des autres ! Qui conduit ces foules de vieillards sans armes ? Je vois un ordre sévère, une compréhension profonde et religieuse du but, de la patience, de la ténacité, une nouvelle émigration des peuples, la dernière marche des Mongols.

Karma15 a peut-être ouvert une nouvelle page dans l’histoire. Et qu’arrivera-t-il si le Roi du Monde est avec eux ?

Mais ce grand mystère des mystères garde son profond silence.

 

Notions sur l’Agarttha en occident

 

L’ouvrage posthume de Saint-Yves d’Alveydre intitulé Mission de l’Inde, qui fut publié en 1910, contient la description d’un centre initiatique mystérieux désigné sous le nom d’Agarttha ; beaucoup de lecteurs de ce livre durent d’ailleurs supposer que ce n’était là qu’un récit purement imaginaire, une sorte de fiction ne reposant sur rien de réel. En effet, il y a là-dedans, si l’on veut y prendre tout à la lettre, des invraisemblances qui pourraient, au moins pour qui s’en tient aux apparences extérieures, justifier une telle appréciation ; et sans doute Saint-Yves avait-il eu de bonnes raisons de ne pas faire paraître lui-même cet ouvrage, écrit depuis fort longtemps, qui n’était pas vraiment mis au point. Jusque là, d’autres côté, il n’avait guère, en Europe, été fait question de l’Agarttha et de son chef, le Brahmâtmâ, que par un écrivain fort peu sérieux, Louis Jacolliot, dont il n’est pas possible d’invoquer l’autorité ; nous connaissons, pour notre part, que celui-ci avait réellement entendu parler de ces choses au cours de son séjour dans l’Inde, mais il les a arrangées, comme tout, à sa manière éminemment fantaisiste. Mais il s’est produit, en 1924, un fait nouveau et quelque peu inattendu: le livre intitulé Bêtes, Hommes et Dieux, dans lequel M. Ferdinand Ossendowski raconte les péripéties du voyage mouvementé qu’il fit en 1920 et 1921 à travers l’Asie centrale, renferme, surtout dans sa dernière partie, des récits presque identiques à ceux de Saint-Yves ; et le bruit qui a été fait autour de ce livre fournit, croyons-nous, une occasion favorable pour rompre enfin le silence sur cette question de l’Agarttha.

Naturellement, des esprits sceptiques ou malveillants n’ont pas manqué d’accuser M. Ossendowski d’avoir purement et simplement plagié Saint-Yves, et de relever, à l’appui de cette allégation, tous les passages concordants des deux ouvrages ; il y en a effectivement un bon nombre qui présentent, jusque dans les détails, une similitude assez étonnante. Il y a d’abord ce qui pouvait paraître le plus invraisemblable chez Saint-Yves lui-même, nous voulons dire l’affirmation de l’existence d’un monde souterrain étendant ses ramifications partout, sous les continents et même sous les océans, et par lequel s’établissent d’invisibles communications entre toutes les régions de la terre ; M. Ossendowski, du reste, ne prend pas cette affirmation à son compte, il déclare même qu’il ne sait qu’en penser, mais il l’attribue à divers personnages qu’il a rencontrés au cours de son voyage. Il y a aussi, sur des points plus particuliers, le passage où le «Roi du Monde» est représenté devant le tombeau de son prédécesseur, celui où il est question de l’origine des Bohémiens, qui auraient vécu jadis dans l’Agarttha16, et bien d’autres encore. Saint-Yves dit qu’il est des moments, pendant la célébration souterraine des «Mystères cosmiques», où les voyageurs qui se trouvent dans le désert s’arrêtent, où les animaux eux-mêmes demeurent silencieux17 ; M. Ossendowski assure qu’il a assisté lui-même à un de ces moments de recueillement général. Il y a surtout, comme coïncidence étrange, l’histoire d’une île, aujourd’hui disparue, où vivaient des hommes et des animaux extraordinaires : là, Saint-Yves cite le résumé du périple d’Iambule par Diodore de Sicile, tandis que M. Ossendowski parle du voyage d’un ancien bouddhiste du Népal, et cependant leurs descriptions sont fort peu différentes ; si vraiment il existe de cette histoire deux versions provenant de sources aussi éloignées l’une de l’autre, il pourrait être intéressant de les retrouver et de les comparer avec soin.

Nous avons tenu à signaler tous ces rapprochements, mais nous tenons aussi à dire qu’ils ne nous convainquent nullement de la réalité du plagiat ; notre intention, d’ailleurs, n’est pas d’entrer ici dans une discussion qui, au fond, ne nous intéresse que médiocrement. Indépendamment des témoignages que M. Ossendowski nous a indiqués de lui-même, nous savons, par de tout autres sources, que les récits du genre de ceux dont il s’agit sont chose courante en Mongolie et dans toute l’Asie centrale ; et nous ajouterons tout de suite qu’il existe quelque chose de semblable dans les traditions de presque tous les peuples. D’un autre côté, si M. Ossendowski avait copié en partie la Mission de l’Inde, nous ne voyons pas trop pourquoi il aurait omis certains passages à effet, ni pourquoi il aurait changé la forme de certains mots, écrivant par exemple Agharti au lieu d’Agarttha, ce qui s’explique au contraire très bien s’il a eu de source mongole les informations que Saint-Yves avait obtenues de source hindoue (car nous savons que celui-ci fut en relations avec deux Hindous au moins)18 ; nous ne comprenons pas davantage pourquoi il aurait employé, pour désigner le chef de la hiérarchie initiatique, le titre de «Roi du Monde» qui ne figure nulle part chez Saint-Yves. Même si l’on devait admettre certains emprunts, il n’en resterait pas moins que M. Ossendowski dit parfois des choses qui n’ont pas leur équivalent dans la Mission de l’Inde, et qui sont de celles qu’il n’a certainement pas pu inventer de toutes pièces, d’autant plus que, bien plus préoccupé de politique que d’idées et de doctrines, et ignorant de tout ce qui touche à l’ésotérisme, il a été manifestement incapable d’en saisir lui-même la portée exacte. Telle est, par exemple, l’histoire d’une «pierre noire» envoyée jadis par le «Roi du Monde» au Dalaï-Lama, puis transportée à Ourga, en Mongolie, et qui disparut il y a environ cent ans19 ; or, dans de nombreuses traditions, les «pierres noires» jouent un rôle important, depuis celle qui était le symbole de Cybèle jusqu’à celle qui est enchâssée dans la Kaabah de La Mecque20. Voici un autre exemple: le Bogdo-Khan ou «Bouddha vivant», qui réside à Ourga, conserve, entre autres choses précieuses, l’anneau de Gengis-Khan, sur lequel est gravé un swastika, et une plaque de cuivre portant le sceau du «Roi du Monde» ; il semble que M. Ossendowski n’ait pu voir que le premier de ces deux objets, mais il lui aurait été assez difficile d’imaginer l’existence du second : n’aurait-il pas dû lui venir naturellement à l’esprit de parler ici d’une plaque d’or?

Ces quelques observations préliminaires sont suffisantes pour ce que nous nous proposons, car nous entendons demeurer absolument étranger à toute polémique et à toute question de personnes ; si nous citons M. Ossendowski et même Saint-Yves, c’est uniquement parce que ce qu’ils ont dit peut servir de point de départ à des considérations qui n’ont rien à voir avec ce qu’on pourra penser de l’un et de l’autre, et dont la portée dépasse singulièrement leurs individualités, aussi bien que la nôtre, qui, en ce domaine, ne doit pas compter davantage. Nous ne voulons point nous livrer, à propos de leurs ouvrages, à une «critique de textes» plus ou moins vaine, mais bien apporter des indications qui n’ont encore été données nulle part, à notre connaissance tout au moins, et qui sont susceptibles d’aider dans une certaine mesure à élucider ce que M. Ossendowski appelle le «mystère des mystères»21.
 
Notes
 

1Prêtres lamaïstes

2Capitale de la Mongolie

3Le grade le plus élevé chez les moines lamaïstes, dieu incarné, saint

4Prêtre lamaïste ayant le droit d’offrir des sacrifices à Dieu

5Fondateur de la secte jaune qui prédomine à présent dans le Lamaïsme

6Le Bogdo Khan, désigne, selon René Guénon, l’une des trois fonctions suprêmes du lamaïsme, à côté du Dalaï-Lama et du Tashi-Lama. (Source Wikipédia)

7L’Atlantide et le continent de Mu. (N.d.E.)

8Le palais du Potala, est un palais-forteresse ou dzong du XVIIᵉ siècle, situé à Lhassa, sur la colline de Marpari, au centre de la vallée de Lhassa. Wikipédia

9Le grade le plus élevé chez les moines bouddhistes

10Grands prêtres du Roi du Monde

11La tente ou maison mongole, en feutre

12Le langage de l’Etat souterrain du Roi du Monde

13Kalmouks

14Général chinois

15Personnification bouddhiste de l’idée du destin

16Nous devons dire à ce propos que l’existence de peuples «en tribulation», dont les Bohémiens sont un des exemples les plus frappants, est réellement quelque chose de fort mystérieux et qui demanderait à être examiné avec attention.

17Le Dr Arturo Reghini nous a fait remarquer que ceci pouvait avoir un certain rapport avec le timor panicus des anciens; ce rapprochement nous paraît en effet extrêmement vraisemblable.

18Les adversaires de M. Ossendowski ont voulu expliquer le même fait en prétendant qu’il avait eu en mains une traduction russe de la Mission de l’Inde, traduction dont l’existence est plus que problématique, puisque les héritiers mêmes de Saint-Yves l’ignorent entièrement. -On a reproché aussi à M. Ossendowski d’écrire Om alors que Saint-Yves écrit Aum; or, si Aum est bien la représentation du monosyllabe sacré décomposé en ses éléments constitutifs, c’est pourtant Om qui est la transcription correcte et qui correspond à la prononciation réelle, telle qu’elle existe tant dans l’Inde qu’au Thibet et en Mongolie ; ce détail est suffisant pour permettre d’apprécier la compétence de certains critiques.

19M. Ossendowski, qui ne sait pas qu’il s’agit d’un aérolithe, cherche à expliquer certains phénomènes, comme l’apparition de caractères à sa surface, en supposant que c’était une sorte d’ardoise.

20Il aurait aussi un rapprochement curieux à faire avec le lapsit exillis, pierre tombée du ciel et sur laquelle des inscriptions apparaissaient également en certaines circonstances, qui est identifiée au Graal dans la version de Wolfram d’Eschenbach. Ce qui rend la chose encore plus singulière, c’est que, d’après cette même version, le Graal fut finalement transporté dans le «royaume du prêtre Jean», que certains ont voulu précisément assimiler à la Mongolie, bien que d’ailleurs aucune localisation géographique ne puisse ici être acceptée littéralement (cf. L’Ésotérisme de Dante, éd. 1957, pp. 35-36, et voir aussi plus loin).

21Nous avons été fort étonné en apprenant récemment que certains prétendaient faire passer le présent livre pour un «témoignage» en faveur d’un personnage dont l’existence même nous était totalement inconnue à l’époque où nous l’avons écrit ; nous opposons le plus formel démenti à toute assertion de ce genre, de quelque côté qu’elle puisse venir, car il s’agit exclusivement pour nous d’un exposé de données appartenant au symbolisme traditionnel et n’ayant absolument rien à voir avec des «personnifications» quelconques.

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22 mars 2015 - Posted by | lecture, religion | , ,

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